Balado : Discuter de la philanthropie avec Marvi Ricker

Vous arrive-t-il d’envisager votre avenir financier avec inquiétude, sans pour autant prendre le temps d’apprendre à gérer votre patrimoine? En tant que femme entrepreneure, souhaitez-vous faire croître votre entreprise, sans pour autant savoir où obtenir de l’aide? Aimeriez-vous gérer vos finances de façon plus proactive si vous aviez le soutien nécessaire pour passer à l’action? Si c’est le cas, vous êtes au bon endroit. La série de balados BMOpourElles vise à célébrer les femmes dans tout ce qu’elles entreprennent. Vous aurez l’occasion d’entendre des chefs de file, des entrepreneurs, des investisseurs et des experts issus de divers secteurs, en plus de profiter de conseils et d’outils qui vous permettront d’approfondir vos connaissances financières. Experte en psychologie du patrimoine et auteure de nombreux ouvrages, votre animatrice, Kathleen Burns Kingsbury, forme et outille les clients et les professionnels de la finance depuis plusieurs années. BMO s’engage à être la banque de prédilection des femmes et de leur famille, et est fier de vous présenter ces entrevues novatrices. En tant que femmes, vous avez ce qu’il faut. 

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Kathleen: Je suis heureuse d’accueillir Marvi Ricker, vice-présidente et directrice générale – Services-conseils en philanthropie au sein de BMO Gestion de patrimoine. Depuis son arrivée à la Gestion de patrimoine en 2002, Marvi aide les clients à réaliser leurs objectifs philanthropiques dans le respect de leurs valeurs personnelles et selon une approche stratégique en matière de dons. Elle aide les particuliers et les familles à créer un héritage pour leurs proches et leur collectivité en établissant des fondations privées ou des dons structurés considérables à leurs organismes de bienfaisance préférés. Avant de se joindre à BMO, Marvi était directrice générale de la Ivey Foundation, un organisme de bienfaisance privé qui a octroyé des subventions totalisant près de 80 millions de dollars pour soutenir des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation, du développement social, de l’environnement, des arts et de la culture. Elle détient le titre de Fellow du Family Firm Institute et siège actuellement au conseil d’administration de la fondation du Toronto General & Western Hospital. Elle est également membre du conseil consultatif des programmes de maîtrise en philanthropie et en leadership sans but lucratif de l’Université Carleton. Quel parcours! Je vous souhaite la bienvenue, Marvi.

Marvi: Merci beaucoup, Kathleen.

Kathleen: Je suis très heureuse de parler des moyens d’établir des liens avec les femmes grâce à la philanthropie et de les aider à profiter de votre vaste expérience. Avant de donner des conseils à nos auditrices sur la façon dont elles peuvent entreprendre des activités philanthropiques, j’aimerais savoir ce qui a motivé votre décision de mener une carrière dans ce domaine.

Marvi: Mon travail actuel au sein de la Banque est mon premier poste au sein d’une société. Jusque-là, je n’avais travaillé que pour des organismes sans but lucratif. Avant de joindre la Ivey Foundation, j’enseignais la chimie à l’Université de Toronto, et c’est là que j’ai tranquillement commencé à m’intéresser à d’autres enjeux. Sans même le réaliser, je me suis retrouvée dans toutes sortes de programmes communautaires organisés par l’université. Quand j’ai constaté que le poste de directeur général de la Ivey Foundation était vacant, j’ai vu cette occasion comme la prochaine étape logique de ma carrière.

Kathleen: Excellent! La transition de la chimie à la philanthropie est assez inusitée, n’est-ce pas?

Marvi: Oui, d’autant plus que je suis ensuite passée à l’univers des sociétés ou, plus exactement, au secteur bancaire. J’ai touché à toutes sortes de domaines, ce qui m’a beaucoup plu. Chaque poste que j’ai occupé était nouveau, personne ne l’avait eu avant moi. J’ai donc pu le définir à ma manière.

Kathleen: C’est génial! J’imagine que cette expérience diversifiée contribue énormément à votre travail philanthropique actuel.

Marvi: Oui, car je connais bien différents secteurs. De plus, le fait de n’avoir jamais eu d’idée préconçue des postes que j’ai occupés et d’avoir toujours vu les choses sous un nouvel angle m’a été très utile.

Kathleen: Oui, absolument. Comme c’est un balado de BMOpourElles, je dois vous poser la question sur les femmes et la philanthropie. Je ne veux pas être sexiste, mais les femmes sont plus portées que les hommes à faire des activités de bienfaisance. Il existe d’ailleurs des recherches qui appuient cette thèse. Comment expliquez-vous cette tendance?

Marvi: Traditionnellement, les femmes sont celles qui prennent soin de leur famille. Je crois qu’elles sont donc plus enclines à faire preuve d’empathie et plus facilement attirées par les enjeux communautaires. Elles veulent aider les autres, en particulier les enfants et les familles. Ça semble être inné pour elles. Pour nous, en fait.

Kathleen: La philanthropie est donc naturelle pour les femmes, puisqu’elle leur permet de socialiser et de faire leur part pour la collectivité. Elle convient également aux investisseuses. Ce que vous venez de dire l’explique peut-être, mais pourquoi pensez-vous que les femmes sont susceptibles d’intégrer la philanthropie à leur façon d’utiliser leur patrimoine ou d’envisager leurs investissements?

Marvi: C’est une question intéressante, Kathleen. Une étude sur le sujet a réparti les femmes qui s’intéressent à la philanthropie et qui participent à des activités philanthropiques en quatre catégories, dont les investisseuses. Si vous le voulez, je peux expliquer brièvement chacune des catégories.

Kathleen: Oui, ce serait intéressant.

Marvi: Très bien. La première catégorie évoque le rôle plus courant et traditionnel des femmes aux yeux de la majorité des gens, celui de femme et de mère. Ce type de femme décide quels organismes sa famille doit soutenir, consacre son temps et son argent aux causes qu’elle a choisies, et incite ses enfants à donner et à mieux connaître la collectivité. Le deuxième type de femme est une veuve qui a hérité d’une fortune considérable. Lorsqu’elle participe à des activités philanthropiques, c’est principalement pour honorer feu son mari et commémorer son décès. Elle souhaite donc appuyer une cause qui avait de l’importance pour son mari ou qui est liée à la cause de son décès, comme la lutte contre une maladie. Le troisième type, qui est de plus en plus courant, est la professionnelle ou la femme d’affaires. Contrairement à la mère au foyer de la première catégorie, elle a peu de temps à consacrer à sa collectivité, mais elle a plus d’argent. Son approche de la philanthropie est d’ailleurs davantage axée sur les affaires. Elle est préoccupée par la transparence des organismes et tient à voir les résultats de ses dons. De plus, elle s’intéresse généralement davantage aux enjeux mondiaux se rapportant à l’environnement et aux femmes qu’aux enjeux liés à la famille et aux enfants. Dans la quatrième catégorie, qui me plaît beaucoup, on retrouve la conjointe de l’homme d’affaires prospère. La contribution de ce type de femmes à la collectivité est vraiment bénévole. Collectivement, ces femmes donnent d’importantes sommes à des organisations artistiques d’envergure, au secteur de la santé, aux établissements d’enseignement, etc. L’aspect social de la collecte de fonds est très important pour elles. Il existe donc les quatre profils de la femme en matière de philanthropie.

Kathleen: J’ai le sentiment que certaines de nos auditrices se reconnaissent dans l’une ou l’autre de ces catégories. Il est très intéressant de voir comment différents types de femmes abordent la philanthropie. Je constate que vous n’avez pas parlé de femmes fortunées. Est-il vrai qu’on doit avoir une certaine aisance pour participer à des activités philanthropiques?

Marvi: Il faut avoir une certaine capacité à donner, en effet, mais on n’est pas obligé d’être très riche. Ce n’est pas nécessaire d’avoir la fortune de Bill Gates, par exemple. Lorsqu’il est question de philanthropie ou de fondation, on croit souvent qu’il faut posséder ce type de richesse. Pourtant, il suffit d’avoir suffisamment d’argent supplémentaire à donner et de le faire de manière réfléchie pour pouvoir poser un geste qui a du sens.

Kathleen: D’où vient cette idée fausse que la philanthropie est réservée aux plus fortunés, selon vous?

Marvi: Je crois qu’elle provient du mot « philanthropie » lui-même. Il intimide les gens. C’est un mot qu’on entend souvent depuis une dizaine d’années, mais à mes débuts dans le secteur, dans les années 1990, c’était loin d’être le cas. On ne le voyait pas dans les journaux, et la plupart des gens n’auraient pas su le prononcer. De nos jours, on parle souvent de philanthropie dans les médias, et habituellement il s’agit d’activités menées par une célébrité ou une personne très fortunée. Or, ici même au Canada, le Globe and Mail publie tous les samedis un article portant sur des activités philanthropiques intéressantes menées par des personnes qui n’ont pas nécessairement une grande fortune. Ce sont tout simplement des personnes attentionnées qui accordent une grande importance à leurs objectifs philanthropiques.

Kathleen: J’aime l’idée! Ce sont donc d’excellents articles qui contribuent à défaire le mythe selon lequel il faut être célèbre ou riche pour faire des dons. Ce que vous dites est intéressant. Je n’y avais pas pensé, mais il est vrai que le mot « philanthropie » a une connotation que les mots « don » ou « bienfaisance » n’ont pas. Existe-t-il une différence entre les dons de bienfaisance et la philanthropie?

Marvi: Pour moi, il y en a une. J’explique souvent aux gens ce que j’entends par dons de bienfaisance et ce que j’entends par philanthropie. Un don de bienfaisance consiste à signer un chèque pour une bonne cause, sans plus. Évidemment, on ne s’attend pas à savoir à quoi ont servi les 100 dollars qu’on a donnés ni à jouer un rôle au sein de l’organisme en question. La philanthropie, au contraire, est une activité beaucoup plus réfléchie et personnelle. Le désir d’agir vient du cœur, mais c’est avec la tête qu’on choisit ce qu’on en fait. En d’autres mots, il faut poser des gestes réfléchis. Quand on veut changer les choses, il faut s’informer de l’enjeu et chercher à connaître les organisations responsables afin d’être en mesure d’atteindre ses objectifs.

Kathleen: J’aime bien cette idée de la tête et du cœur. Nos décisions doivent être attentionnées et personnelles tout en s’inscrivant dans une démarche stratégique et rationnelle. Que faites-vous ou que fait BMO pour que les femmes et leur famille puissent déterminer l’activité philanthropique qui leur convient et atteindre leur but avec leur tête et leur cœur?

Marvi: Nous les aidons à aller au-delà des dons de bienfaisance, bien que ceux-ci aient également un rôle à jouer, et à déterminer les enjeux, les valeurs et les aspirations que tous les membres de la famille partagent. On croit que chacun sait ce qu’il veut lorsqu’il s’initie à la philanthropie, mais ce n’est pas le cas. Warren Buffet a d’ailleurs déjà dit qu’il est facile de donner de l’argent, mais qu’il est extrêmement difficile de le faire de la bonne manière. Les gens ne savent pas comment donner. Ils doivent tout d’abord déterminer les valeurs, les domaines d’intérêt et les aspirations que leurs dons reflèteront. Ils doivent se choisir une mission, un objectif. C’est cette partie qui est complexe, mais c’est également la première chose qu’il faut faire pour devenir philanthrope. J’aide donc les gens à prendre ces décisions, à élaborer une stratégie et à effectuer bien d’autres choses tout au long du processus.

Kathleen: C’est un peu comme démarrer une entreprise, finalement. Il faut consacrer beaucoup de temps à choisir sa mission et son but, puis à s’assurer que tout concorde. C’est intéressant.

Marvi: Oui, exactement. C’est très semblable à une entreprise. Les fondations privées sont d’ailleurs souvent des sociétés. C’est donc une approche professionnelle d’un enjeu social.

Kathleen: Avez-vous l’impression que ceux qui adoptent une méthode stratégique et réfléchie ont une incidence dans différents domaines?

Marvi: Oui, et ils en retirent une bien plus grande satisfaction. Quand on ne sait pas ce qu’on tente de réaliser, comment peut-on savoir si on a atteint son but? Si on connaît notre objectif, on peut au moins mesurer ses progrès en conséquence.

Kathleen: Vous parlez de satisfaction. Avez-vous une histoire à nous raconter au sujet d’une personne qui s’est sentie satisfaite ou d’une situation que vous avez vécue où la satisfaction de la personne a vraiment permis de changer les choses?

Marvi: L’une de mes clientes avait une fondation depuis environ 8 ou 9 ans. Elle a fait appel à moi parce qu’elle n’était pas satisfaite. Elle n’avait pas de plaisir avec sa fondation et elle avait l’impression qu’elle ne tirait pas le maximum de l’argent donné. Elle ne savait pas exactement pourquoi, mais son instinct lui disait que le problème venait du fait que ses efforts ne visaient pas un but précis. Et c’était bien le cas, car ses dons allaient principalement aux causes locales les plus évidentes. Nous avons donc entrepris de mettre au jour ses valeurs, ses aspirations, ses champs d’intérêt, et avons découvert qu’elle se passionnait pour les arts et plus particulièrement pour le théâtre. Dès qu’elle en a été consciente, elle s’est mise à accorder d’importantes subventions qui, au bout du compte, ont permis de bâtir deux théâtres et un musée dans la ville. Elle n’aurait pas dépensé une telle somme si elle n’avait pas eu cette passion. Elle en a bien sûr retiré un immense plaisir, mais elle a aussi fait beaucoup plus pour sa collectivité que si nous n’avions pas trouvé la cause qui lui importait le plus et si elle avait continué de vouloir tout faire pour tous les membres de la collectivité.

Kathleen: Je présume que c’était très stimulant de voir cette personne trouver sa passion et la rattacher à la philanthropie, d’autant plus que votre cliente semble avoir accompli beaucoup pour la communauté des arts et du théâtre.

Marvi: Oui, certainement.

Kathleen: Pour conclure, car ce balado passe très vite, auriez-vous un ou deux conseils pour celles de nos auditrices qui aimeraient s’initier à la philanthropie et donner de façon stratégique?

Marvi: Je leur suggérerais d’effectuer l’exercice que je donne à mes clients et qui consiste à mettre par écrit leurs valeurs, la raison pour laquelle elles souhaitent donner, ce qu’elles tentent d’accomplir et les dons antérieurs qui leur ont donné la plus grande satisfaction, puis à déterminer ce qui les intéresse le plus et à intégrer cette passion à leurs activités philanthropiques. De plus, je leur conseille d’apprendre à connaître une ou deux organisations qui reflètent leur intérêt – pour l’environnement ou pour la santé, par exemple – et d’y consacrer leur temps, leur énergie, leurs idées et leur argent. On ne peut pas s’approprier la passion des autres, elle doit venir de soi.

Kathleen: Je vous remercie d’avoir pris le temps de nous éclairer sur le sujet aujourd’hui. Je suis heureuse d’en savoir un peu plus sur votre travail et sur la façon dont les divers éléments de votre parcours s’allient et créent un profil parfait pour le poste de directrice générale – Services-conseils en philanthropie.

Marvi: Merci, Kathleen.

Merci d’avoir été à l’écoute du balado BMOpourElles animé par Kathleen Burns Kingsbury. BMO s’est engagé à investir dans les femmes en leur offrant un endroit accueillant pour travailler et gérer leurs affaires bancaires. Si vous avez aimé l’émission, rendez-vous sur BMOpourElles.com pour en savoir plus notre expérience client et nos services primés. Suivez BMO sur Twitter à l’aide du mot-clic #BMOpourElles ou joignez-vous à la communauté BMO sur Facebook. BMO. Ici, pour vous.

Les opinions et les points de vue exprimés dans ce balado appartiennent à ceux qui les émettent et ne reflètent pas le point de vue de la Banque de Montréal et de ses sociétés affiliées. Les renseignements contenus de ce balado sont fournis à titre indicatif seulement. Ils ne doivent pas être considérés comme des conseils financiers. Nous vous encourageons à consulter votre conseiller financier avant de prendre une décision financière.