C’est une chose de prendre un risque quand on est en difficulté, mais c’en est une toute autre quand tout va bien. C’est ce qu’a fait Lisa Elder, principale soutien de sa famille, lorsqu’elle a quitté un poste de direction au sein d’une prestigieuse agence pour démarrer son entreprise, heads up Inspiration from Information, avec deux jeunes enfants à la maison.

Grâce à son travail acharné, Lisa est passée de solopreneure à propriétaire d’une entreprise constituée en société très prospère. Son histoire marquée par un comptable récalcitrant, l’intégration de son mari et des événements marquants qui ont remis les choses en perspective montre que le plus grand risque de tous est celui de ne pas se lancer.

Lisa Elder: Mon emploi était la source de revenus principale de ma famille. J’avais un enfant de trois ans et un jeune bébé à la maison. J’allais mettre en jeu notre sécurité financière, mais j’avais quand même le sentiment constant que c’était vraiment ce que je voulais faire à cause de la révélation que j’avais eue. J’étais pleine de joie, je sentais que le temps s’était arrêté dans ma vie et je me suis dit : « J’aimerais vraiment faire ça, peut-être pour gagner ma vie ».

Lisa Bragg: Nous prenons tous des risques au cours de notre vie, mais vaut-il la peine de laisser un emploi avantageux pour démarrer une nouvelle entreprise? Lisa Elder était de cet avis. Je m’appelle Lisa Bragg et voici Audacieu(se), un balado relatant des histoires de femmes qui se distinguent, destiné à leurs semblables, et qui vous est présenté par BMOpourElles. Lisa est propriétaire et présidente de Heads Up, une société de recherche marketing et de conseil en matière de marque. Sa carrière d’entrepreneure a commencé il y a plus de 20 ans, lorsqu’elle a pris un risque après une rencontre avec une représentante de Barbie.

Lisa Elder: Barbie. Oui. À l’époque, en 1994 je crois, j’étais associée directrice chez Ogilvy. Je travaillais sporadiquement pour le compte Barbie depuis environ 10 ans. Rita Rao, la reine de Barbie, qui était venue du bureau de Mattel à Los Angeles, dirigeait une entreprise qui rapportait environ un milliard de dollars. Avant de se rendre à Londres, en Angleterre, elle voulait faire l’essai d’un guide de discussion en organisant des groupes de discussion à Toronto.

Lisa Bragg: Vous avez été plongée dans les abîmes et on vous a demandé de vous en charger. Pourriez-vous nous raconter comment c’est arrivé?

Lisa Elder: Rita arrive en ville et nous nous rencontrons chez Mattel avec des poupées Barbie de collection. Je lis le guide de discussion de Rita et j’anime mon tout premier groupe de discussion. C’est comme si j’avais perdu la notion du temps. On entend parfois dire que les gens sont complètement absorbés par ce qu’ils font. J’ignorais qu’il était possible d’atteindre un tel niveau de concentration.

Lisa Elder: À la fin de la discussion, je me suis approchée de Rita en espérant qu’elle ne soit pas fâchée ou mécontente, ou quelque chose du genre. Elle m’a dit : « Tu as fait un excellent travail. Tu pourrais gagner ta vie comme ça. » Je me suis dit : « Je suis déjà associée directrice, pourquoi est-ce que j’animerais des groupes de discussion pour gagner ma vie? » C’est une bonne question. Elle me donne une petite tape sur l’avant-bras, et elle me dit : « C’est très payant. » Puis, elle me serre légèrement le bras.

Lisa Elder: Je connaissais peu de choses sur le sujet, même si j’avais déjà participé à de nombreux groupes de discussion. Dans ma voiture ce soir-là je me suis dit : « J’adorerais gagner ma vie comme ça. » C’était très clair. J’ai eu comme une révélation.

Lisa Bragg: Revenons un peu en arrière. Rita vous a, en quelque sorte, fait un cadeau.

Lisa Elder: J’ai appris environ 10 ans plus tard que c’était le don de Rita; Rita Rao avait le don de placer les bonnes personnes aux bons emplois. J’ai découvert ça des années plus tard.

Lisa Bragg: Donc, Rita Rao vous a donné une idée. Combien de temps y avez-vous songé avant de passer à l’action?

Lisa Elder: Moins de trois semaines plus tard, je discutais avec le président et mon patron, de la façon de faire de la recherche à l’intérieur de l’entreprise. Puis, en moins de trois mois, nous avons établi un centre de recherche en entreprise au 11e étage et nous avons commencé à inclure les consommateurs dans l’ensemble de notre processus de création.

Lisa Bragg: Donc, vous avez eu la chance d’incuber votre projet au sein d’une grande organisation?

Lisa Elder: J’adore ce terme. Oui. J’essayais de voir ce que j’allais faire. Était-ce une occasion pour moi de changer de carrière ou de faire les choses différemment? À ce moment-là, je me demandais sérieusement si je devais démarrer ma propre entreprise. Ces décisions ont été vraiment très difficiles, et à cette époque, je me demandais presque si j’avais le droit de démarrer ma propre entreprise.

Lisa Bragg: Que voulez-vous dire par « avoir le droit de démarrer votre entreprise »?

Lisa Elder: Avais-je le droit de renoncer à un emploi exceptionnel? Avais-je le droit de compromettre la sécurité financière et le bien-être de ma famille? Avais-je le droit de réaliser cette ambition? Était-ce un caprice ou un rêve? À ce moment-là, je l’ignorais. Bien sûr, à cette époque, nous n’avions pas les médias sociaux et toutes les ressources que nous avons aujourd’hui. Je ne pouvais pas regarder d’histoires ni compter sur la même communauté de soutien. Je devais m’assurer de pouvoir gérer le risque que ce changement impliquait.

Lisa Bragg: Que voulez-vous dire?

Lisa Elder: Cette décision comportait un risque très élevé. Mon emploi était la source de revenus principale de ma famille. J’avais un enfant de quatre ans ou de trois ans et un jeune bébé à la maison. Il n’y aurait pas de sécurité financière. Pourtant, j’avais encore ce sentiment constant que c’était ce que je voulais vraiment faire depuis la révélation le soir suivant la rencontre avec Rita Rao. En quatre heures, j’en avais appris davantage sur Barbie et Mattel qu’en dix ans de travail.

Lisa Elder: Puis, j’ai compris que je ne pouvais pas renoncer à cette idée. J’étais pleine de joie et je sentais que le temps s’était arrêté dans ma vie. Que j’avais trouvé… J’adorais écouter les gens raconter leurs histoires. Je me suis dit que c’était vraiment ce que je voulais faire, peut-être pour gagner ma vie.

Lisa Bragg: Lisa, votre joie et votre enthousiasme ne font aucun doute. Quand j’ai dit aux gens autour de moi que j’allais démarrer une entreprise, ils m’ont dit : « Juste Ciel, que vas-tu faire? » Comment votre entourage a-t-il réagi?

Lisa Elder: Mon mari ne s’est jamais opposé à l’idée. Jamais. Il ne m’a jamais dit de le faire ou de ne pas le faire. En gros, il m’a laissé décider ce que je voulais faire pour que je sois heureuse. Nous n’avons jamais discuté de la façon dont nous ferions face à des problèmes financiers si mon projet d’entreprise ne connaissait pas beaucoup de succès. Nous n’en avons jamais parlé.

Lisa Elder: J’étais contente qu’il ait un emploi. Je lui disais toujours que cet emploi assurait notre sécurité, car il nous permettait de payer nos factures et de ne pas nous retrouver à la rue, ce qui aurait pu se produire, selon moi. Tout le monde peut faire face à des difficultés à un moment dans sa vie. Donc, j’étais contente qu’il ait conservé le même emploi toutes ces années.

Lisa Bragg: Je me souviens que vous m’aviez dit que votre ancien comptable avait réagi exactement de la façon contraire. Lui aviez-vous présenté votre plan ou votre comptabilité?

Lisa Elder: J’ai rendu visite à ce comptable pour savoir combien d’argent je devais gagner pour conserver le mode de vie actuel de ma famille. Je lui ai passé mon livre de comptabilité, il l’a feuilleté, puis l’a refermé et me l’a remis. Il m’a dit : « Je crois que vous envisagez ce changement de façon trop optimiste. C’est peut-être à cause des hormones. Vous venez d’avoir un bébé. Je vous suggère de retourner chez Ogilvy pour voir comment les choses se passent, et si vous décidez de partir, faites en sorte d’être congédiée pour recevoir une indemnité de départ. Cet argent pourra constituer le fondement de votre succès pendant que vous démarrez votre entreprise.

Lisa Bragg: Oh, wow! Que lui avez-vous répondu? Comment vous êtes-vous sentie quand il a dit ça?

Lisa Elder: J’étais sans mots. D’abord, il était hors de question que je fasse semblant d’être incompétente pour qu’on me congédie et que je trompe une entreprise à laquelle je vouais autant d’affection et d’attachement. Oh mon dieu! Ensuite, je me suis ressaisie et je l’ai remercié de ses conseils. Puis, je lui ai dit que je faisais appel à son expertise comptable seulement pour savoir combien d’argent je devais gagner, et rien d’autre.

Lisa Elder: Néanmoins, j’étais contente, car cela m’a permis de comprendre que je voulais vraiment quitter Ogilvy et commencer la recherche, et que je pouvais le faire sans causer de tort à personne, ni à ma famille ni à Ogilvy.

Lisa Bragg: Votre mari respectait votre choix, et votre ancien comptable vous disait que vous feriez mieux de retourner au travail et que votre idée était née d’un changement hormonal. Quel a été l’argument décisif?

Lisa Elder: J’ai reçu un appel de Kath, une amie que j’ai connue à la maternelle et qui me connait par cœur. Je lui ai parlé de la situation dans laquelle je me trouvais et de l’angoisse que j’éprouvais quant à la décision que je devais prendre concernant ma carrière. J’aurais pu simplement me résigner et retourner chez Ogilvy, et la vie aurait repris son cours, mais pour une raison quelconque, j’étais impatiente de démarrer ma propre entreprise.

Lisa Elder: Elle a fait deux choses qui ont été extrêmement utiles. La première est qu’elle a mentionné un livre intitulé Vous êtes doué et vous ne le savez pas, un titre qui me parlait vraiment, écrit par Barbara Sher. Donc, j’ai lu ce livre qui m’a fait vivre un autre moment révélateur.

Lisa Elder: Ensuite, Kath m’a demandé : « Penses-tu que tu regretteras de ne pas avoir lancé ton entreprise? » Je connaissais la réponse à cette question. Absolument! Il est certain que j’aurais regretté de ne pas l’avoir fait. Je ne voulais pas tant lancer ma propre entreprise, mais ma propre marque. J’étais amatrice de marques et je le suis toujours. Je voulais lancer ma propre marque. Je ne voulais pas créer « Lisa Elder inc. ». Je voulais créer une marque à laquelle d’autres personnes pourraient contribuer.

Lisa Elder: Ces deux choses m’ont permis de dissiper la confusion, de demeurer prudente, de me sentir heureuse et, même si ça semble banal, de poursuivre ce rêve ou ce projet qui m’habitait et que je devais tenter de réaliser.

Lisa Bragg: Projetons-nous 10 ans plus tard. Vous êtes solopreneure, et Heads Up est en plein essor. Comment se déroule cette période?

Lisa Elder: J’avais beaucoup de travail à l’époque. J’étais très occupée en général. J’avais deux enfants, mon mari avait son emploi, je gérais Heads Up et j’avais acheté une maison en très mauvais état que nous voulions rénover, donc nous étions très occupés. J’étais propriétaire d’une entreprise que je voulais faire croîre, mais je ne savais pas comment m’y prendre. Je manquais de temps pour le faire. Pour la faire croître, il fallait la constituer en société, car je devais me protéger avant d’embaucher des employés.

Lisa Elder: Si j’avais des employés, je devrais leur verser un salaire, ce qui implique des tâches administratives, et je ne savais pas comment constituer une entreprise en société, je n’avais pas envie d’accorder de temps à la constitution en société, je voulais me consacrer à la recherche.

Lisa Bragg: À peu près au même moment, vous échangiez des idées avec votre mari, Pat, qui travaillait dans le secteur des ventes depuis 30 ans, et il vous a laissé entendre qu’il connaissait quelqu’un qui pourrait se charger des opérations de votre entreprise. Racontez-nous ce qu’il vous a dit.

Lisa Elder: Mon mari a un penchant pour le laconisme. Il m’a dit : « Je suis vraiment plus un employé de service qu’un vendeur. » Je le savais déjà, car il n’a pas le profil typique d’un vendeur. Nous continuons à parler et je lui dis : « Si ce travail t’intéresse, je te le donne », car j’avais besoin d’être épaulée par une personne de confiance.

Lisa Elder: J’étais solopreneure et c’était difficile pour moi d’imaginer que quelqu’un se mêlerait de mes affaires. C’était très difficile pour moi. Quoi qu’il en soit, il s’est joint à l’entreprise et nous l’avons immédiatement constituée en société, ce qui nous a permis d’embaucher un premier employé. C’est à ce moment que la croissance s’est amorcée.

Lisa Bragg: En travaillant avec votre mari, vous avez pu faire croître votre entreprise, mais, cela signifiait également que l’ensemble de vos finances en dépendait, c’est un très grand risque à prendre. Étrangement, ce n’est pas le risque auquel la plupart des gens pensent lorsque vous leur dites que vous travaillez avec votre partenaire ou votre conjoint. Mon mari a aussi commencé à travailler dans mon entreprise, et quand j’en parle aux gens, ils rient ou ils grimacent. Ils disent qu’ils ne pourraient jamais au grand jamais travailler avec leur conjoint.

Lisa Elder: Oui, les gens rient souvent.

Lisa Bragg: C’est vrai.

Lisa Elder: Ils disent : « Mon Dieu, je ne pourrais jamais travailler avec mon mari » ou quelque chose du genre. Je crois qu’il faut faire preuve de souplesse et distribuer les rôles en fonction des forces de chacun quand vous êtes propriétaire d’une entreprise et que vous avez une famille avec quelqu’un. C’est tout ce que je peux dire. Je ne suis pas certaine que tous les couples auraient du plaisir à travailler ensemble.

Lisa Elder: Je ne crois pas que ce soit nécessairement quelque chose de naturel pour un couple. Mon mari et moi sommes suffisamment différents pour bien nous compléter. C’est aussi un homme très patient et serviable. Ce poste dans l’entreprise lui convenait bien et je m’en rendais compte. Cela m’aidait à tester de nouvelles choses et à me consacrer davantage à la recherche, plutôt qu’à la gestion de l’entreprise.

Lisa Bragg: Avez-vous déjà ressenti de la pression comme votre travail était la source de revenus principale de votre famille?

Lisa Elder: Lorsque Pat a commencé à travailler avec moi, nous travaillions comme des fous. Nous étions extrêmement occupés. Nous étions très vulnérables, car nous avions investi tous nos moyens dans l’entreprise. Je crois que le moment était bien choisi pour lui, pour nous d’unir nos efforts, car nous arrivions à nous imaginer que les choses allaient bien se passer.

Lisa Bragg: Avez-vous fait face à des difficultés quand Pat a commencé à travailler dans l’entreprise?

Lisa Elder: Je ne crois pas que Pat s’imaginait que je passais mes journées à manger des bonbons devant la télé quand j’étais au travail, ou quelque chose du genre. Je me souviens que la première semaine où il est resté travailler à la maison avec moi, car nous travaillions de la maison, je lui avais demandé de préparer quelque chose qu’il devait me rendre vers 9 h. Il m’a remis un travail bien fait vers 9 h 15. J’étais occupée, je n’étais pas en train de me tourner les pouces en attendant son travail. J’avais d’autres projets en cours. Mon horaire était établi presque à la minute près.

Lisa Elder: Je l’ai regardé et je lui ai dit : « Non, quand on s’entend sur une remise à 9 h, le travail doit être remis à 9 h. Pas à 9 h 01, ni à 9 h 10, tu dois le remettre à 9 h ou avant. Il a répondu : « Ah, bon. » Comme ça. Comme je ne suis pas tout à fait ponctuelle dans ma vie sociale, il ignorait que j’étais aussi assidue en affaires. Voilà, c’est ce qui s’est passé. Il a été étonné, et c’était tout. Je n’ai plus jamais eu à le répéter. Il effectuait toutes ses tâches à temps.

Lisa Elder: Je crois que je serais incapable de travailler avec mon mari ou avec quelqu’un d’autre, mais encore moins avec mon mari, s’il était incompétent. Vous devez arriver à l’aimer au travail et comme époux, car vous ne devez pas le trouver médiocre.

Lisa Bragg: Il s’agit donc d’établir des attentes. « Si nous travaillons ensemble, voici ce à quoi je m’attends de toi. »

Lisa Elder: Oui. Puis, vous devez lui demander son accord, et ne plus jamais avoir à répéter ces attentes par la suite. Nous avons une règle depuis que nous sommes mariés, ou qui date même d’avant ça, selon laquelle nous devons dire les choses à l’autre qu’une seule fois. Lorsque c’est important, nous devons dire les choses qu’une seule fois, et l’autre écoute et agit en conséquence. C’est ce qui s’est produit dans ce cas.

Lisa Bragg: J’étais d’abord solopreneure, puis j’ai engagé du personnel. Je dois admettre que c’était parfois difficile et un peu effrayant, mais je suis contente de l’avoir fait. Êtes-vous de cet avis?

Lisa Elder: Avec du recul, je me rends compte que c’est beaucoup plus facile avec du personnel. Aujourd’hui, je comprends que j’aurais peut-être pu le faire un peu plus tôt, et éviter d’être surchargée de travail. Je me suis rendu compte qu’il était possible d’embaucher des employés exceptionnels en qui je pouvais avoir entièrement confiance. Mais c’est difficile à imaginer avant d’avoir trouvé ces personnes et de réaliser à quel point elles sont compétentes et dignes de confiance. Je ne pouvais pas le concevoir. Aucun de mes amis n’était passé par là.

Lisa Elder: Aujourd’hui, je sais que c’est possible. Je peux aider d’autres personnes à le faire si c’est encore difficile pour elles, je peux les rassurer et leur dire : « Vous voyez, ça marche. »

Lisa Bragg: Vous venez de traverser une période difficile. Les occasions d’affaires se sont multipliées pour votre entreprise, mais vous avez récemment souffert d’un cancer.

Lisa Elder: Oui. Il y a deux ans, j’ai trouvé une bosse dans mon sein et je l’ai tout de suite fait examiner par un médecin. J’avais une tumeur de quatre centimètres. En gros, je souffrais de maux de cœur. La maladie a affecté de nombreux aspects de ma vie. Elle a affecté ma vie personnelle, familiale, conjugale et professionnelle.

Lisa Elder: En bref, je crois que cette histoire est maintenant derrière moi, si Dieu le veut, je touche du bois, les gens autour de moi m’ont tellement impressionnée au cours de ces deux années, en particulier pendant les six ou les douze premiers mois. Je recevais des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, et j’ai perdu tous mes cheveux. L’équipe de Heads Up a fait preuve d’un dévouement exemplaire. Mon Dieu, ils se sont mobilisés et ont fait fonctionner l’entreprise sans moi.

Lisa Bragg: Vous aviez la pédale au plancher depuis la création de votre entreprise et depuis le début de votre carrière. Avez-vous eu de la difficulté à vous retirer de vos projets, de vous retirer de ce que vous aviez créé, même si vous saviez que votre équipe compétente allait s’en charger? Avez-vous eu du mal à ralentir?

Lisa Elder: [Pause prolongée] Non. Vous devez vous retirer lorsque votre vie est en jeu. Le choix ne vous appartient plus. Si vous voulez survivre, vous devez vous retirer. Donc, je devais le faire. Je n’avais vraiment pas le choix. L’expérience des membres de mon équipe et l’amour qu’ils me vouaient m’ont donné l’impression que je pouvais me retirer.

Lisa Elder: J’ai parlé de mon cancer à une de mes amies propriétaire d’une grande entreprise, qui après m’avoir longuement témoigné sa sympathie m’a dit : « C’est peut-être la meilleure chose qui te soit arrivée sur le plan professionnel », car j’ai dû céder les rênes de mon entreprise à quelqu’un d’autre. Elle est très sage.

Lisa Bragg: J’ai une fille de 10 ans qui voit sa mère entrepreneure diriger son entreprise tous les jours. Elle est en plein cœur de l’action. En écoutant ses histoires, on comprend qu’elle nous analyse comme le font les enfants de 10 ans. À quel moment avez-vous pris conscience que votre entreprise occupait une place aussi importante dans votre vie? Vos vies professionnelle et personnelle s’entremêlent, n’est-ce pas?

Lisa Elder: Oui. Je n’avais aucune idée que ça allait se produire. Je ne savais pas ce que je faisais. Je ne pensais pas que ce serait le chaos quand j’ai fondé mon entreprise, et pourtant c’était le cas. Je ne savais pas ce que c’était d’avoir deux enfants ou de diriger ma propre entreprise. Donc oui, j’avais une foule de tâches à gérer. J’étais vraiment très occupée.

Lisa Elder: Ce que je trouve le plus intéressant, c’est que je ne voulais pas renoncer à passer du temps en famille pour faire de la recherche ou pour rédiger un rapport. Donc, j’ai volontairement décidé de rédiger mes rapports tard le soir et la nuit. Il y a quelques années, j’ai appris de mes enfants qui sont maintenant dans la vingtaine, qu’ils savaient que je travaillais la nuit. J’aurais aimé le savoir avant.

Lisa Elder: Je vais essayer de ne pas pleurer. J’étais étonnée, l’un d’entre eux a dit : « Je t’entendais marcher en haut. » L’un d’eux m’a dit : « Je me souviens d’une fois où tu n’arrêtais pas de pleurer. » C’était probablement la fois où j’avais perdu mon rapport. Je me souviens [rires], j’écrivais un compte rendu. Mon document a été supprimé de l’ordinateur. J’avais perdu tout mon travail. Il n’y avait pas de sauvegarde infonuagique ou d’autre solution à l’époque. Pas vrai?

Lisa Elder: Je me souviens d’avoir dû tout recommencer depuis le début à quatre heures du matin. Je ne pensais pas que mes enfants en étaient conscients. Je croyais leur donner l’exemple, mais de toute évidence, ce n’était pas le cas. [Rires] Ils m’ont raconté d’autres histoires du même genre, et les pauvres, ils le vivaient en silence. Donc, j’ignorais qu’ils le savaient. J’aurais aimé savoir qu’on m’entendait clairement travailler dur au troisième étage. Moi qui pensais que les enfants dormaient paisiblement au deuxième.

Lisa Bragg: Vous êtes dans les affaires depuis 20 ans. Quels sont vos projets pour les 20 prochaines années?

Lisa Elder: Oh, il s’agit d’une nouvelle croisée des chemins. Maintenant que j’ai vaincu mon cancer, je suis plus brave que jamais. Lorsque vous affrontez la mort, vous n’accordez plus la même importance aux obstacles de la vie. Donc, tant que je serai en vie, j’ai l’impression que je pourrai faire n’importe quoi.

Lisa Bragg: Quels conseils donneriez-vous aux gens qui nous écoutent? Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs ou aux personnes qui envisagent de quitter leur entreprise? Avez-vous des conseils?

Lisa Elder: La question que m’a posée mon amie Kath lors de l’appel téléphonique important dont j’ai parlé plus tôt, à savoir si je regretterais de ne pas avoir démarré ma propre entreprise. C’est ce qui m’a poussée à le faire pour ne pas avoir de regrets. Je crois qu’il est très important d’essayer de vivre sans regret. Parfois, lorsque j’interroge des gens, je trouve que c’est une corde sensible chez certains, quand ils réfléchissent à leur vie ou qu’ils répondent à des questions sur leur situation actuelle par rapport à l’avenir qu’ils avaient imaginé, par exemple.

Lisa Elder: C’est triste quand ils ont des regrets. Bien sûr, j’ai moi-même des regrets, mais il est bien d’essayer de s’en passer. J’adore cette question. Aurais-je regretté de ne pas avoir poursuivi cette carrière et de ne pas l’avoir utilisée pour guider mon avenir et la direction que je devais prendre?

Lisa Bragg: Merci Lisa. Passons maintenant aux questions rapides. Donnez simplement les réponses qui vous viennent à l’esprit. Vous pouvez répondre par un seul mot. Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail?

Lisa Elder: Rencontrer des inconnus et comprendre leur point de vue.

Lisa Bragg: Est-ce facile ou difficile pour vous de négocier?

Lisa Elder: Difficile.

Lisa Bragg: Quel est le meilleur conseil qu’on vous a donné?

Lisa Elder: Sois maître de ton propre destin.

Lisa Bragg: Quelle est votre réalisation la plus audacieuse?

Lisa Elder: Je crois que la chose la plus audacieuse que j’ai jamais faite a été de me fier à mon instinct, à l’époque, qui me disait de me consacrer à la recherche et de renoncer à une brillante carrière publicitaire.

Lisa Bragg: À quel moment auriez-vous aimé être plus audacieuse?

Lisa Elder: J’aurais vraiment aimé avoir essayé de trouver des façons de recruter du personnel plus tôt.

Lisa Bragg: Que faites-vous avant une réunion importante pour vous préparer mentalement?

Lisa Elder: Je sais exactement ce que je vais dire.

Lisa Bragg: Quel conseil donneriez-vous à la petite fille de 10 ans que vous étiez?

Lisa Elder: Vise les plus hauts sommets et tu arriveras probablement à la moitié du chemin.

Lisa Bragg: L’invitée d’aujourd’hui était Lisa Elder de Heads Up Inspiration from Information. C’est ce qui conclut cet épisode de Audacieu(se), qui vous a été présenté par BMOpourElles. Si l’émission vous a plu, abonnez-vous et partagez-la avec votre réseau. C’était Lisa Bragg. Merci de nous avoir écoutées.

 

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