Candidate au poste de gouverneur du Wisconsin en 2014, Mary Burke a fondé par la suite Building Brave, une communauté en ligne sans but lucratif qui aide les femmes à optimiser leur confiance en soi. Grâce à son parcours, Mary a vaincu ses doutes, surmonté sa peur de l’échec et ne laisse plus ce que les autres pensent d’elle la freiner. Elle est d’avis que la création de cette communauté mondiale, qui compte à présent quelque 10 millions de membres, permet aux femmes de s’inspirer les unes les autres et de s’épauler.

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Kathleen Burns-Kingsbury : Notre invitée, Mary Burke, a fondé Building Brave pour aider les femmes à optimiser leur confiance en soi. Mary ambitionne de créer une communauté mondiale en ligne de 10 millions de femmes qui s’inspirent les unes les autres et s’épaulent pour vivre leur vie au meilleur de leurs possibilités. Elle a fondé Building Brave après une improbable course au gouvernorat du Wisconsin contre le solide gouverneur sortant. Elle a perdu cette lutte électorale intense, et odieuse comme on le sait, mais elle a découvert une chose plus importante encore, à savoir qu’elle avait sous-estimé ses propres capacités et son potentiel. Cette expérience lui a cependant permis de vaincre ses doutes, de surmonter sa peur de l’échec et de ne plus laisser ce que les autres pensent d’elle la freiner. Elle a appris à s’enhardir, et maintenant elle aide d’autres femmes à en faire autant. Bienvenue à cet entretien en baladodiffusion, Mary.

Mary Burke : Merci, Kathleen. Je suis vraiment très heureuse d’être ici.

KBK : Commençons sans plus tarder. Ce sujet, c’est tout à fait mon rayon. J’aime beaucoup que l’on donne aux femmes des moyens d’agir et de bâtir leur confiance, et ce que vous faites. Pourriez-vous dire à nos auditeurs d’où vous est venue l’idée de créer Building Brave?

MB : Après avoir été candidate à un poste de gouverneur en 2014, j’ai lu The Confidence Code, un ouvrage dans lequel les auteures expliquent la place qu’occupe la confiance en soi dans notre vie et comparent ce sentiment à la compétence, ou à nos capacités. C’est en poussant ma réflexion, et en lisant le travail de recherche qu’elles avaient présenté, que je me suis rendu compte que la confiance en soi était aussi importante, sinon plus, que les compétences elles-mêmes. Le livre traite en outre de la différence entre les hommes et les femmes à ce chapitre, et la recherche montre que chez les hommes, en moyenne, la confiance en leurs compétences est plus élevée que leurs véritables compétences. Chez les femmes, malheureusement, c’est tout le contraire. La confiance que nous avons en nos compétences est inférieure à nos compétences réelles. Je n’aurais jamais cru que c’était mon cas. Et je ne crois pas que les gens qui m’ont connue auraient pensé une chose pareille. Pourtant, à la lecture du livre, je me reconnaissais dans les exemples présentés. Je n’avais jamais demandé d’augmentation de salaire. J’avais réussi dans le monde des affaires, et pas une fois au cours de ma carrière je n’avais déclaré que ce qu’on m’offrait n’était pas suffisant. Je me suis intéressée à la façon dont les femmes comparativement aux hommes manifestent leur intérêt pour un poste. Les auteures expliquent que les femmes, en moyenne, prennent connaissance de toutes les compétences recherchées sans exception, mais ne posent pas leur candidature s’il leur en manque une ou deux, car elles estiment qu’elles ne remplissent pas les conditions requises. Ce qui est vrai dans mon cas. Quant aux hommes, en moyenne, s’ils possèdent un peu plus de la moitié des compétences recherchées, ils se disent : « Cet emploi est carrément pour moi » et postulent. Lorsque j’ai fait part de cette recherche à des hommes de mon entourage, deux d’entre eux m’ont avoué qu’ils ne jetaient même pas un coup d’œil aux compétences recherchées : « Je me contente de déterminer si je veux l’emploi ou pas ». J’ai cru que le premier qui m’avait servi cette réponse était idiot. Mais quand le deuxième a abondé dans le même sens, je me suis dit : « Bien sûr. Pourquoi pas? »

KBK : Permettez-moi une brève intervention, étant donné que je parle abondamment des différences entre les hommes et les femmes et que j’écris beaucoup sur le sujet. Ce que vous dites, c’est que, dans The Confidence Code, on prend conscience que « les femmes ne s’empressent pas de mettre leur nom dans le chapeau » pour ainsi dire, et que c’est à la lecture de cet ouvrage que vous avez pour la première fois associé la confiance en soi aux difficultés auxquelles vous avez peut-être dû faire face ou que vous avez surmontées durant cette rude course au gouvernorat. Réfléchir à une idée et en faire une réalité, c’est un défi. Je suis entrepreneure, vous savez, et je n’ignore pas ce que cela exige. Comment tout cela a-t-il commencé? Parce qu’il existe maintenant une application mobile, que les gens utilisent. Dites-nous quelques mots sur la façon dont vous l’avez transformée en réalité, cette communauté Building Brave.

MB : Je me suis entretenue avec beaucoup de femmes. J’ai commencé à leur parler de mes lectures. Je leur faisais part de mes réflexions sur mon expérience comme candidate à un poste de gouverneur et du fait que j’avais découvert cette toute nouvelle facette de moi-même dont je ne soupçonnais même pas l’existence. J’estime que les femmes devraient être des membres égales de la société, mais je doute que nous parvenions à obtenir ce statut si nous ne croyons pas en nous. Les préjugés inconscients sont nombreux, et à cela s’ajoutent ces messages que nous recevons. Il faut qu’intérieurement nous soyons en mesure d’en annuler les effets. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. J’ai même communiqué avec l’auteure, une des auteures du livre, en fait, pour lui dire que son ouvrage m’avait ouvert les yeux, mais qu’il restait muet sur ce qui se faisait à ce propos. Elle m’a répondu qu’il n’y avait rien qu’elle puisse vraiment faire valoir. J’ai donc poursuivi ma réflexion et continué d’échanger avec des femmes. J’ai fait des recherches et me suis dit qu’il fallait que je franchisse le pas. Je m’enhardissais. Je prenais des risques, voyais une occasion, constatais un besoin, je lançais Building Brave. Nous avons d’abord pensé que cela se ferait à l’échelle locale. Mais ce que les femmes me disaient, c’est : « Nous avons des vies très occupées et il existe déjà des groupes. Ça ne peut pas marcher comme ça. Ce n’est pas le bon moyen d’établir le contact avec nous. » C’est alors que j’ai pensé à utiliser la technologie. À créer une application mobile qui mettrait en contact des femmes des quatre coins du monde sans qu’il leur soit nécessaire d’assister à une autre réunion. Mettre des femmes en contact, quel que soit le fuseau horaire ou l’endroit. Parce que souvent, lorsque le doute s’installe et que l’incertitude nous empêche d’agir, nous ne pouvons attendre. Ces propos, ce sont les femmes qui utilisent notre application qui nous les tiennent. Effleurer une icône, ouvrir l’application, afficher les conversations, échanger avec d’autres femmes, obtenir des rétroactions sur la façon d’aller de l’avant. Constater leur propre potentiel, aller chercher le soutien qui les aide à croire véritablement en elles, et ne pas laisser certains des obstacles qui se dressent devant elles les empêcher d’avancer.

KBK : On dirait que vous avez pris les mesures de diligence raisonnable qui s’imposaient et effectué les recherches que beaucoup d’entrepreneurs négligent parfois, à savoir que vous avez réellement tâté le pouls de votre public cible et compris ce que les femmes voulaient. Et c’est ensuite que l’idée vous est venue de créer une application mobile, plutôt que d’organiser les traditionnels forums de réseautage en personne et conférences destinés aux groupes de femmes. Une des questions que j’aimerais vous poser (sur un sujet qui m’intrigue en général) concerne le débat sur le rôle de la technologie quand il s’agit d’avoir des conversations fructueuses. Après avoir jeté un coup d’œil à votre application et m’y être abonnée, j’ai bien l’impression que ces conversations fructueuses se sont amorcées. Aviez-vous des inquiétudes quant au fait de choisir l’application de préférence au forum en personne et vis-à-vis du message qu’un tel choix allait envoyer à ces femmes? Ou quant aux entraves possibles à des échanges pertinents?

MB : Nous nous voyons dans un rôle de collaboration avec les organismes existants et constatons tout le soutien que les femmes reçoivent déjà – que ce soit au travail ou par l’entremise de leurs équipes de soutien (les hommes ou les femmes sur qui elles comptent régulièrement). Nous avons donc conçu l’application de sorte que les organismes qui font déjà un travail formidable auprès des femmes puissent s’en servir pour y créer des communautés privées, mais aussi pour interagir avec l’ensemble de la communauté Building Brave. Ça a été une considération importante, parce qu’à mon avis, nous n’allons pas faire bouger les choses. Ça ne tourne pas autour d’une seule personne. Ni même d’un seul organisme. Il faut miser sur notre pouvoir et notre soutien collectifs. C’est dans cette optique que nous avons conçu l’application. Nous avons la conviction que les conversations en personne sont extrêmement importantes, et nous souhaitons qu’elles se poursuivent en ligne et que davantage de femmes y participent, pour que ces organismes puissent accentuer et élargir leur influence. Nous travaillons avec des sociétés qui comptent des groupes-ressources d’employés pour les femmes, et qui ont du mal à mettre en relation des femmes de différents endroits. D’un mois à l’autre, elles peinent à trouver du contenu qui soit percutant et captivant. Elles veulent s’assurer que les femmes qui font partie de ces groupes puissent établir des liens entre elles en tout temps, et elles constatent que notre application permet et facilite l’approfondissement de ces liens. Voilà un exemple qui montre que nous avons conçu l’application pour qu’elle appuie les échanges en personne et les relations qui sont déjà fort enrichissantes.

KBK : L’application est donc fort utile en ce sens qu’elle constitue un complément aux échanges et aide les femmes qui, je le sais, ont souvent un emploi du temps fort chargé et de la difficulté à établir des liens. Et vous avez mentionné les défis sur le plan géographique auxquels certaines sont confrontées. Quant à la collaboration, et à la formation de ces partenariats qui ont contribué à l’atteinte de votre objectif, elle s’accompagne souvent d’aspects positifs et d’aspects négatifs. Quels ont été les défis sur le plan de la collaboration, et comment les avez-vous surmontés?

MB : Il y a toujours des défis. Je dirais que notre collaboration est fort bien accueillie. Pas seulement par les organismes, mais aussi par les femmes qui, dans le cadre de leur travail ou au sein de leur entreprise, fournissent le type de contenu (ateliers) qui pourrait se révéler utile. Parce que notre raison d’être ne se limite pas aux conversations (le soutien positif qui peut être manifesté verbalement); nous passons aussi à l’action. Parce que la recherche montre que c’est en agissant qu’on accroît vraiment sa confiance en soi. La première fois que je me lance dans une entreprise… Je me rappelle tout particulièrement cette première journée où je suis montée à la tribune. Le lendemain de l’annonce de ma candidature au poste de gouverneur, j’ai tenu ma première grande conférence de presse. J’étais une femme d’affaires, pas une politicienne. Et ma nervosité était à son comble. Ce fut le moment le plus angoissant de ma vie. Pourtant, à mesure que passaient les mois qu’a duré la campagne, j’étais de plus en plus à l’aise devant les caméras. La confiance en soi s’affermit quand on passe à l’action. Pour ce faire, non seulement il a fallu qu’on me donne un coup de coude, mais on a dû me sortir de ma zone de confort. Ce coup de coude, nous le donnons, mais nous offrons aussi le soutien, les outils, l’accompagnement, le mentorat – de façon virtuelle, en ligne. Tout cela fait partie de ce que nous faisons au sein de la communauté Building Brave, et au moyen de notre application. Nous nous sommes rendu compte que nous travaillons en association et en collaboration avec des femmes qui sont des accompagnatrices en développement personnel, des expertes de la communication, et qui parlent en public et gèrent des situations difficiles. Nous compterons sur des spécialistes pour offrir aux femmes un contenu riche, des conseils avisés et des astuces efficaces, quelles que soient les difficultés auxquelles elles sont confrontées.

KBK : Dans ce processus, il semble qu’au départ vous étiez douée et sûre de vous, mais que vous avez réalisé par la suite que vous aviez ces lacunes. Puis, vous avez voulu partager un espace dans lequel les femmes pourraient s’exercer, et où vous pourriez le faire avec elles, à devenir hardies. Je me demande ce que vous avez appris sur vous-même, Mary, en fondant et en mettant sur pied une telle entreprise?

MB : J’ai appris énormément. Découvrir qui je suis véritablement est, à mon avis, l’enseignement le plus précieux que j’aie tiré. Je me suis rendu compte que qui j’étais avait évolué au cours de ma vie d’adulte. Ou, du moins que l’idée que j’avais de moi-même avait changé. Quand j’étais jeune, je voulais être entrepreneure comme mon père. Je l’avais mis sur un piédestal, et l’entrepreneuriat est ce vers quoi je me suis orientée. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme de l’école de gestion, un camarade de classe m’a décrite comme cette femme qui, il y a 200 ans, se serait trouvée au beau milieu du Far West, à délimiter de nouveaux territoires et à repousser l’attaquant, une main armée d’un pistolet et l’autre tenant un bébé. Si je ne me voyais pas ainsi, d’autres avaient manifestement cette image de moi. Mais petit à petit, au cours des 20 années qui ont suivi, j’ai commencé à m’effacer. Inconsciemment. J’avais toujours été perfectionniste. Et je crois que c’est lorsque j’ai cessé d’exceller dans tout (parce que c’est ce qui arrive dans le monde réel) que j’ai commencé à me définir en fonction de mes imperfections. Je recevais des commentaires du genre : « Tout le monde t’aime beaucoup, tu fais un travail formidable. Mais tu es assez intense. Tu devrais peut-être modérer tes transports ». Puis la trentaine est arrivée, je n’étais pas mariée. J’ai commencé à penser que peut-être j’avais effectivement trop tendance à m’affirmer et qu’il me fallait modérer mes transports. Je me suis d’ailleurs mise à signer mon prénom sans « m » majuscule pour qu’on me trouve plus sympathique. Il aura fallu la campagne électorale pour m’obliger à faire preuve d’audace, à me lever et à affirmer que j’étais la meilleure personne pour diriger l’État. C’est en y réfléchissant par la suite que j’ai compris que je m’étais beaucoup effacée. Je suis demeurée en poste cinq ans de plus que je ne l’aurais dû. Je pouvais faire ce boulot les yeux fermés. Pourtant, je consacrais mon énergie au travail communautaire et à mon titre de golfeuse à handicap zéro quand j’étais à l’apogée de ma carrière. Voilà ce que j’ai appris. Et j’ai ceci à dire aux femmes, jeunes et moins jeunes : « Assurez-vous que vous évoluez chaque jour dans un milieu propice à votre épanouissement. C’est-à-dire que ce sont vos talents, et non pas vos imperfections, qui vous définissent. Parce qu’il est si facile de regarder les choses par l’autre bout de la lorgnette. » Je crois profondément que la confiance est innée chez les femmes. Mais ces messages qui nous parviennent et laissent entendre que nous serions mieux aimées et mieux acceptées si nous modérions nos transports et si nous nous effacions, nous devons nous en soucier et en annuler les effets. Nous devons croire en nous et en notre potentiel.

KBK : Je suis tout à fait d’accord avec vous. Et je pense que ce qui fait peur et est instructif à la fois dans votre parcours et votre histoire, c’est que ça peut arriver à des femmes de façon si subtile avec le temps à cause des messages qui leur sont adressés. Croyez-vous que les hommes reçoivent des messages similaires dans le monde des affaires? Ou pensez-vous que seules les femmes se font dire qu’elles devraient être gentilles et s’effacer?

MB : Je ne peux pas parler pour les hommes. Il faudrait que je sois à leur place pour répondre à cette question. Je pense que les messages qu’on nous passe sont très différents quand on est jeune, et qu’on encourage les garçons à se montrer plus audacieux. Je pense aussi que dans la population active on voit les choses autrement; je crois qu’un homme peut s’affirmer davantage et que cette assurance sera considérée comme une qualité de leader. Une femme pourra bien s’exprimer et agir exactement de la même façon, mais on la qualifiera de « garce ». Nous percevons tout cela, inconsciemment ou pas, et nous modifions nos comportements, en moyenne, pour faire contrepoids. À mon avis, c’est ce qui est important. Chaque jour, je prends l’engagement de ne jamais formuler de commentaire négatif à propos d’une femme qui se tient debout et fait sa place. Qu’importe si je suis d’accord ou non avec elle. Qu’importe si je l’aime bien ou pas – ça n’a vraiment rien à voir. Mais c’est important pour nous tous, si nous voulons qu’à l’avenir les fillettes de cinq ans croient qu’elles sont tout aussi intelligentes, ou que les filles de l’école intermédiaire considèrent qu’elles ont leur place dans le secteur de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques, et que les femmes croient qu’elles ont tout autant de potentiel que les hommes et veuillent le réaliser. Il faut célébrer ces caractéristiques, célébrer l’audace, célébrer la réussite et chercher à réaliser son potentiel. Autrement, ces messages négatifs nous incitent, inconsciemment, à nous effacer.

KBK : J’aime bien ce conseil, parce qu’il est fort utile et que nous pouvons tous le mettre en pratique : si nous nous rendons compte que nous critiquons des femmes qui font leur place, il faut nous interroger sur la raison de ce comportement – que nous soyons un homme ou une femme – et changer ce comportement. Voilà un excellent conseil pratique. Je me suis entretenue brièvement avec des hommes, et vous avez raison. Nous ne connaissons pas leur vécu, mais la recherche va dans le sens de ce que vous avancez, à savoir qu’ils ont tendance à être plus audacieux, ou qu’on les encourage à être plus audacieux, et que les femmes qui font preuve d’audace sont souvent vues d’un autre œil. Mais il me semble vraiment que les hommes peuvent jouer un rôle de premier plan pour épauler les femmes et les jeunes filles. Dites-nous un peu de quelle façon les hommes peuvent s’impliquer auprès de Building Brave ou comment vous envisagez leur rôle.

MB : Kathleen, tous les jours, des hommes me font savoir qu’ils veulent s’investir. C’est important et je sais que certains sont très motivés. Je pense à des choses toutes simples, par exemple : si, au cours d’une réunion, une femme est en train de s’exprimer et qu’on parle en même temps qu’elle (elle est en train de présenter son idée et se fait interrompre ou personne n’est très favorable à son idée), il est important qu’un homme dise : « J’aimerais que Kathleen nous explique davantage son idée. Je pense qu’elle n’est pas mauvaise. » Parce que, parfois, ce genre d’intervention est nécessaire pour faire savoir à cette femme qu’elle peut compter sur un appui. Parce que la recherche démontre également que les femmes se font interrompre plus souvent que les hommes. Que leurs idées ne sont pas… Une idée proposée par un homme aura tendance à obtenir davantage d’appuis qu’une idée similaire, voire identique, avancée par une femme. Il y a des choses comme ça qui n’exigent vraiment pas beaucoup d’effort. Si, au travail ou dans votre vie personnelle, vous croisez une femme dont vous savez qu’elle a un immense potentiel, glissez simplement un mot en sa faveur. Vous pourriez aussi l’inviter à « saisir l’occasion ». Cette remarque ne vaut pas que dans la vie professionnelle, elle s’applique aussi dans la vie personnelle. Parce qu’il nous arrive parfois de ne pas voir notre propre potentiel. Je suis consciente que ce sont les autres qui ont vu en moi l’étoffe d’une gouverneure et qui m’ont encouragée à me présenter bien avant que je ne m’imagine exercer cette fonction. N’eût été le soutien d’hommes et de femmes, jamais, au grand jamais, je n’aurais été candidate à ce poste.

KBK : Au fond, ce que vous dites c’est : « Ayez de l’audace, agissez et vivez une vie des plus braves ».

MB : Absolument.

KBK : Comment les gens peuvent-ils obtenir des renseignements sur votre appli, votre site Web et votre travail? Quelle est la meilleure façon de vous joindre et de s’impliquer auprès de cette communauté?

MB : La meilleure façon consiste à télécharger notre application dans l’App Store et à devenir membre de la communauté dès aujourd’hui. L’appli s’appelle Building Brave; vous la trouverez dans l’App Store d’Apple ou dans Google Play. Suivez-nous sur les réseaux sociaux, que ce soit sur Instagram, Twitter ou Facebook. Notre page Facebook compte 75 000 abonnés. Nous sommes des gens positifs. Chaque jour, nous affichons du contenu qui vise à inspirer et à encourager notre lectorat. Et bien entendu, consultez notre site Web, envoyez-nous un courriel, dites-nous comment vous aimeriez vous impliquer.

KBK : L’adresse de votre site Web est buildingbrave.com, n’est-ce pas?

MB : Point org. Nous sommes un organisme sans but lucratif, tout tourne autour de notre mission. Nous sommes une entreprise axée sur sa mission et nous irons aussi loin que les femmes qui se joignent à notre communauté.

KBK : Merci infiniment, Mary, pour tout ce que vous faites et pour avoir passé du temps avec nous aujourd’hui dans le cadre du balado BMOpourElles.

MB : Merci à vous, Kathleen, de m’avoir reçue, et merci à BMO de soutenir les femmes et de nous faire connaître.

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