Lorsqu’un lopin de terre situé en face de leur maison a été mis en vente en 1998, Evelyn Ernst, la lauréate du programme BMO rend hommage aux femmes, et son mari David ont abandonné leur carrière pour fonder l’entreprise Terra Beata Farms. Des débuts de l’entreprise, alors que ce n’était qu’une cannebergière de 12 acres, à la transformation de fruits provenant d’environ 12 autres fermes, en plus du lopin de terre initial, Terra Beata est maintenant une marque internationale distribuant des conserves, des jus et des baies sur les tablettes de magasins au Canada et en Chine.

Pour écouter, cliquez ici (en anglais seulement)

Kathleen : Notre invitée du jour est Evelyn Ernst, la cofondatrice de Terra Vida, une entreprise qui transforme et commercialise cinq millions de livres de canneberges annuellement, de même que des bleuets, des cerises et d’autres fruits provenant de plus de 20 fermes situées en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. Les jus, les baies et les conserves de la marque Terra Vida sont offertes sur les tablettes des principaux détaillants de cinq provinces, ainsi qu’en Chine. Au début de sa carrière, Evelyn était enseignante dans une école secondaire; c’est en 1988 qu’elle a lancé l’entreprise Terra Vida avec son mari David. Depuis ce temps, l’entreprise a grandi et est maintenant une marque internationale primée. Récemment, Evelyn a reçu le prix Innovation et croissance mondiale lors de l’événement BMO rend hommage aux femmes à Halifax pour ses contributions remarquables au monde des affaires et à la collectivité. Félicitations, Evelyn, pour votre récent prix, et merci d’avoir accepté de participer à la baladodiffusion d’aujourd’hui.

Evelyn : Merci beaucoup, Kathleen. Je suis heureuse d’être ici.

Kathleen : Oui, j’ai très hâte d’en apprendre un peu plus à propos de votre expérience. Hum, mais avant d’aborder votre expérience en affaires, je me demande : quelle est la signification de cet honneur, pour vous, en tant que femme et propriétaire d’entreprise?

Evelyn : Bien, tout d’abord, c’était une véritable surprise. Nous n’avions pas soumis notre candidature pour ce prix, c’était tout à fait inattendu. Et c’est vraiment agréable de savoir qu’il y a des gens dans le monde des affaires qui remarquent ce que Terra Vida fait en tant qu’entreprise, et qu’ils considèrent que c’est assez important pour le reconnaître avec un prix comme celui-ci. Il représente aussi, hum, il a déjà suscité quelques effets, en plus d’avoir fait de la publicité à notre entreprise – et c’est extraordinaire. J’ai aussi reçu un appel m’invitant à faire partie du conseil d’administration d’une organisation locale, et les gens ont réagi à cette nouvelle de différentes façons. Je me sens par ailleurs partagée de savoir qu’il y a encore un besoin, ou une place, pour un prix particulier aux femmes. Les femmes ont accompli tellement de choses dans la dernière génération. Mais il y a encore des gens qui travaillent à l’équité des sexes. Je sais qu’on m’a demandé de faire partie de ce conseil d’administration parce que, parmi les huit personnes qui le composent actuellement, il n’y a qu’une seule femme. Je me doute donc fortement que j’ai été invitée à m’y joindre pour atténuer ce déséquilibre. Mais dans l’ensemble, le prix est le bienvenu et il attire l’attention sur la réussite des femmes qui possèdent une entreprise.

Kathleen : Vous soulevez vraiment un point important ici à propos de l’égalité des sexes au sein des conseils d’administration, et vous semblez à la fois honorée et surprise. Le prix a suscité une publicité positive et de belles occasions. Et de l’autre côté, vous constatez avec étonnement que nous en sommes encore à un point où il est nécessaire de reconnaître les femmes et d’obtenir l’équité dans les conseils d’administration, ainsi que l’égalité des sexes dans plusieurs domaines. Vous vous dites donc que c’était charmant de recevoir ce prix, mais il y a aussi ce constat qui vous fait dire : « Wow, en sommes-nous encore vraiment à ce stade? »

Evelyn : Exactement.

Kathleen : Je sais que vous n’aviez jamais prévu vous lancer dans la culture des canneberges. Alors, comment êtes-vous devenue la cofondatrice d’une entreprise de canneberges?

Evelyn : Eh bien, à la fin des années 1990… Comme j’exploite cette entreprise avec mon mari, il va faire partie de l’histoire ici. À la fin des années 1990, mon mari travaillait dans l’industrie de la pêche et moi j’étais enseignante. L’industrie de la pêche ne se portait pas très bien alors dans les provinces de l’Atlantique. Et l’un des emplois qu’il a occupés en tant qu’ingénieur consistait au démantèlement d’une partie de l’usine locale de transformation du poisson. Il était préoccupé par la stabilité de l’industrie et, au même moment, le terrain en face de notre maison a été mis en vente dans le cadre d’une faillite. Il a alors dit : « Nous devrions acheter ce terrain »; puis il a ajouté : « Si nous achetons ce terrain, qu’est-ce que nous en ferons? Oh, des canneberges. » Il a donc suivi un cours sur la culture des canneberges, puis nous avons démarré une cannebergière car, à ce moment, le prix des canneberges était élevé. Mais comme souvent en agriculture, lorsque le prix de quelque chose est élevé, plusieurs fermiers en plantent. Puis l’offre augmente, et le prix descend à nouveau. Nous avons donc connu quelques fluctuations de prix au cours des 19 dernières années.

Kathleen : J’adore cette histoire, l’idée que, alors que vous étiez préoccupés par votre stabilité à long terme, cette occasion s’est présentée. C’est alors que vous vous êtes mis à cultiver des canneberges et nous constatons que ce fut un véritable succès, même si, au fil des ans, vous dites avoir connu des hauts et des bas, comme toute entreprise. Mais revenons sur le moment où vous avez débuté. Selon vous, quelles sont les compétences et les connaissances qui vous ont aidés, votre mari et vous, à réussir votre première année en affaires?

Evelyn : Le processus d’établissement de notre entreprise a duré un certain temps. Chaque entreprise est différente. Le démarrage de certaines entreprises, comme la nôtre, nécessite de nombreuses approbations liées à l’environnement; dans ce cas, il est donc important d’être patient. Mais lorsque nos canneberges ont vraiment commencé à pousser et que nous avons commencé à exploiter la culture comme une entreprise, nous avons compris que, pour les premières étapes, il doit y avoir une personne agissant comme homme ou femme à tout faire. Une personne qui sait comment faire un peu de comptabilité, de marketing, de pensée créatrice et de résolution de problème. Par conséquent, dans les premières étapes, vous devez être capable de toucher un peu à tout. Puis, au fur et à mesure que l’entreprise a grandi, j’ai trouvé que c’était encore plus difficile d’apprendre à me décharger de ces choses. Car, à un certain point, l’entreprise devient trop grande pour que vous continuiez à tout faire vous-même. Mais c’est parfois très difficile de confier certaines responsabilités à une autre personne.

Kathleen : Bien, je crois en fait que ce dont vous parlez est une difficulté commune à plusieurs femmes, soit l’idée de déléguer. Étant moi-même entrepreneure, je peux vous affirmer que c’est difficile de confier des tâches à d’autres personnes. Mais d’après ce que je comprends, hum, je sais que, pour plusieurs personnes, dont je fais moi-même partie, lorsque vous parvenez à déléguer des responsabilités, vous êtes vraiment en mesure de vous concentrer sur vos forces et d’en faire plus. Et en fait, comme je le disais, votre entreprise a débuté à l’échelle locale, mais elle dessert maintenant le marché international. En réalité, 90 % de vos produits sont actuellement exportés. Comment ce changement s’est-il produit? Peut-être le fait de déléguer l’explique-t-il en partie, ou peut-être l’histoire compte-t-elle un autre élément?

Evelyn : La délégation de responsabilités fait certes partie de la réponse, mais la croissance est venue par nécessité, car notre entreprise ne suivait pas le plan que nous avions établi. À l’origine, le plan était de cultiver des canneberges, de les vendre directement du champ à une entreprise d’empaquetage locale, sans étape supplémentaire. Puis nous avons appris que l’entreprise d’empaquetage ne voulait plus de canneberges. Il nous fallait donc trouver une autre façon de vendre nos baies. La population de la Nouvelle-Écosse est petite; il y a moins d’un million de personnes ici. À elle seule, une cannebergière bien gérée peut répondre à la demande pour cette population, et la province en compte déjà dix. Nous avons donc dû chercher à l’extérieur de la Nouvelle-Écosse. Aussitôt que nous avons été stables, il a fallu que nous trouvions un produit, un marché et quelque chose à faire avec ces canneberges.

Kathleen : Alors, il y avait beaucoup de concurrence et, afin d’avoir une entreprise durable, vous deviez chercher ailleurs; vous ne pouviez pas viser uniquement la collectivité locale. Quelle a été l’incidence de cette réalité, d’un point de vue financier, sur votre entreprise, votre travail et votre relation avec votre banque? Car la différence est très grande entre l’exploitation d’une entreprise à l’échelle internationale par rapport à une échelle locale.

Evelyn : Ce sont effectivement deux choses très différentes. Vous devez trouver une banque qui est prête à collaborer à ce projet avec vous. La banque avec laquelle nous faisions affaire au départ était bien à l’aise avec la taille de notre entreprise, lorsque nous l’exploitions à l’échelle locale. Mais en commençant à prendre de l’expansion, nous avons constaté qu’elle ne nous convenait plus vraiment. Lorsque nous nous sommes présentés à la banque avec le premier chèque de nos ventes d’exportation, d’un montant de 50 000 $ US, cette banque particulière n’a pas voulu l’encaisser. Ils avaient l’impression que c’était trop risqué d’accepter un chèque d’un tel montant en dollars américains. Et lorsque nous avons voulu obtenir du financement pour agrandir notre bâtiment, cette banque particulière n’a même pas voulu venir visiter et voir le bâtiment. Nous avons donc commencé à chercher une autre banque et nous en avons trouvé une qui était prête à examiner nos projets et à collaborer avec nous; elle nous a aussi été d’une grande aide à long terme.

Kathleen : Ça semble être une chose à laquelle doit penser une personne souhaitant faire des affaires à l’échelle internationale – ce en quoi consiste son partenariat en matière d’appui financier et le type d’institution avec laquelle elle collabore. C’est donc une leçon que vous avez apprise. Je suis certaine que le passage du marché local au marché international comportait de nombreux risques, même s’il semble que cette transition était nécessaire pour votre entreprise. Qu’est-ce qui vous a aidée à prendre ce risque, et quel type de connaissances, et possiblement de compétences, aviez-vous besoin d’acquérir pour effectuer des ventes à l’échelle internationale?

Evelyn : Habituellement, je suis une personne réticente à prendre des risques. J’aime planifier les choses. J’aime avoir confiance que quelque chose va fonctionner et agir selon le plan. Il est toutefois impossible d’anticiper tous les risques. Alors, lorsque je me retrouve dans une situation dans laquelle je ne me sens pas à l’aise et que je me dis que je ne veux pas continuer, je m’imagine qu’il s’agit d’un jeu. Je me mets alors à réfléchir en me disant : « Bon, et si j’étais en train de jouer à un jeu de stratégie, ou à un jeu de société comme le Monopoly? Il ne s’agit pas de la réalité, mais d’un simple jeu; quelle serait alors ma prochaine action? » Si je réussis à me dire que ce n’est pas la vraie vie, que c’est seulement un jeu, j’imagine alors ce que je ferais en raison des facteurs a, b et c. C’est ainsi que nous fonctionnons.

Kathleen : J’aime votre analogie. C’est fantastique! En résumé, afin d’alléger vos préoccupations, et du fait que vous n’êtes pas d’un naturel téméraire, vous voyez les prises de décision comme un jeu et une stratégie; vous arrivez ainsi à prendre du recul par rapport à ces émotions. Dites-moi, maintenant : votre mari vous est-il d’une aide quelconque lorsque vient le temps de prendre des risques? Son profil de risque est-il différent du vôtre ou vos profils sont-ils plutôt semblables?

Evelyn : Son profil de risque est COMPLÈTEMENT différent du mien, en effet. Et comme vous le disiez, dans le cadre de la croissance d’une entreprise, l’occasion nous est donnée de mettre à profit les forces de chacun et d’ajouter d’autres groupes de compétences pour régler différents problèmes avec la meilleure personne possible. Lui et moi avons des perspectives très différentes et ça a été une bonne chose pour la croissance de l’entreprise.

Kathleen : Absolument. Et quelles sont, selon vous, les compétences que vous aviez besoin d’acquérir, ou pour lesquelles vous deviez recruter quelqu’un pour vous aider, afin de vendre vos produits à l’échelle internationale? Avez-vous aussi été épaulée par des mentors durant votre parcours?

Evelyn : Nous avons effectivement eu quelques mentors importants à nos débuts. Nos premières ventes sur les marchés internationaux ont été faites avec des courtiers. Les courtiers connaissent bien tous les aspects relatifs à ces transactions, que ce soit la réalisation de la vente, la négociation des modalités ou la recherche de transport. Nous sommes tombés sur deux différents courtiers qui étaient prêts à nous montrer ce que nous devions faire. Ils nous ont dit que nous devrions faire affaire avec un expéditeur transitaire; ils nous en ont même suggéré un. Ils nous ont tout enseigné à propos de la réalisation de ventes dans ces marchés précis. Alors après quelques années de collaboration avec les courtiers, nous avons conservé ces partenariats; nous travaillons encore avec ces courtiers et nous avons commencé à collaborer avec des négociateurs. Nous effectuons aussi des ventes directement de notre entreprise à d’autres entreprises à l’étranger.

Kathleen : Alors vous avez établi des partenariats clés. Vous semblez aussi avoir dû faire de nombreux apprentissages et des ajustements au fil du temps pour réaliser des ventes de différentes manières. Par l’intermédiaire de courtiers ou directement. C’est donc tout un monde à appréhender; vous avez été très chanceuse de trouver ces courtiers qui ont bien voulu vous former; ce semble être de bonnes personnes.

Evelyn : Nous avons reçu beaucoup d’aide tout au long de notre parcours. Que ce soit en matière de techniques agricoles, par l’intermédiaire de discussions avec d’autres agriculteurs qui ont accepté de partager leur expertise, ou en matière de commerce international, en discutant avec des gens prêts à aider quelqu’un qui débute dans ce marché et dans ce secteur; ils nous ont permis d’apprendre et de nous donner une assise.

Kathleen : De toute évidence, vous avez démarré votre entreprise en couple. Mais j’aimerais savoir quel conseil vous donneriez, en tant que femme entrepreneure, à une autre femme à l’écoute de cette baladodiffusion qui souhaiterait démarrer sa propre entreprise, que ce soit une entreprise locale ou à l’échelle mondiale.

Evelyn : Je ne sais pas si j’ai un conseil qui peut s’appliquer uniquement aux femmes. Parce que les femmes participent de plus en plus aux différents aspects des affaires, et qu’il est de plus en plus courant de voir des femmes occuper des postes impliquant des responsabilités. Mais voici un conseil qui peut s’appliquer à tous : ne vous confinez pas trop dans un plan. Faites un plan avant de commencer, mais soyez conscient que ce plan va changer. Et tenez-vous prêt à changer de direction. Faites preuve de souplesse et recherchez toujours les occasions. Aussi, ayez le sens pratique. Vous devez connaître vos coûts et vos états financiers, de même que vos liquidités. Car j’ai vu plusieurs femmes lancer une entreprise de type idéaliste, dans laquelle elles portent une grande cause. Elles sont très passionnées par ce qu’elles font, mais il n’y a pas d’argent qui entre. Après quelque temps, l’entreprise échoue. Vous devez donc toujours garder vos finances un peu à l’œil.

Kathleen : Dans le cadre de baladodiffusions passées, nous avons reçu des gens qui nous ont raconté des histoires relatives à leur entrepreneuriat, ou à leurs dons de bienfaisance; c’est un message très semblable que vous livrez dans votre conseil en matière de finances. Oui, vous pouvez avoir un rêve, un but et un plan, mais vous devez aussi mettre en œuvre le sens pratique et l’aspect financier. Et, comme vous avez déjà révélé être de nature planificatrice, vous donnez l’impression d’être une planificatrice en rémission, qui apprend à démontrer davantage de souplesse dans le cadre d’un plan, et c’est une chose que vous voulez inciter les autres entrepreneurs à faire aussi. Ça me plaît.

Evelyn : En effet, il faut toujours rechercher les occasions, car elles ne se trouvent pas nécessairement là où vous auriez d’abord pensé.

Kathleen : Parfaitement! Maintenant, Evelyn, vous avez probablement un point de vue à propos du fait de travailler avec un associé. Dans votre cas, votre associé est votre mari. C’est donc un autre type de partenariat. En règle générale, le fait de s’associer apporte certains défis à une entreprise et à une relation. Quel conseil donneriez-vous à nos auditeurs qui souhaitent démarrer une entreprise avec un partenaire, qu’il s’agisse d’un partenaire d’affaires ou d’un partenaire de cœur? Quels sont les apprentissages que vous avez faits et que vous pouvez leur communiquer?

Evelyn : Eh bien, tout d’abord, s’il s’agit d’un partenaire de cœur, ne vous lancez pas en affaires si vous avez besoin de beaucoup de romantisme, car une entreprise peut dissoudre le romantisme de façon très efficace. Et, pour collaborer avec n’importe quel partenaire, vous devez être préparé et capable de gérer des différences de point de vue, car un point de vue différent peut être très intéressant. Vous devez pouvoir admettre qu’une opinion différente n’est pas nécessairement mauvaise. Si vous avez une importante divergence d’opinions, ce peut être très difficile, à la fin de la journée, de vous asseoir pour souper avec cet associé. Cependant, les divergences d’opinions sont normales dans le cadre d’une entreprise. En discutant de ces divergences, vous pouvez contribuer à faire croître l’entreprise dans une direction que vous n’aviez pas prévue.

Kathleen : Alors la difficulté en ce qui concerne les points de vue différents, tant avec un partenaire de cœur qu’avec un partenaire d’affaires, c’est que ça constitue un défi, tout en étant une occasion permettant de faire croître l’entreprise et de réaliser les choses différemment. Mais il vous faut garder en tête – et je rigole parce que c’est parfois un défi pour moi – il vous faut garder en tête qu’un autre point de vue n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Evelyn : C’est très vrai, car ça donne accès à une autre façon de voir les choses. En même temps, si votre associé est votre mari, vous ne pouvez pas rentrer à la maison à la fin de la journée et vous plaindre à propos de votre patron et de l’horrible journée que vous avez eue au travail.

Kathleen : Absolument, Evelyn! Absolument! Cela m’amène à vous parler de la notion de conciliation travail-vie. Vous êtes la mère de quatre enfants et vous êtes une dirigeante de cette société internationale. Comment gérez-vous cette conciliation travail-vie?

Evelyn : La chose que je passe mon temps à me rappeler est l’histoire des grosses pierres. Décidez ce que sont vos principaux désirs dans la vie, par exemple l’endroit où vous vivez, et réfléchissez à ce que vous jugez vraiment important. Je pense à ce qui est vraiment important pour moi, et ce sont ces points qui constituent mes grosses pierres. Et je m’assure que ces choses sont en place. Puis tous les autres trucs, j’essaie de les placer autour des éléments principaux. Si je ne parviens pas du tout à les placer, je dois me dire « c’est comme ça ». Donc, pour nous, l’une des grosses pierres est notre famille. Les enfants et la famille passent toujours avant tout. L’entreprise peut attendre un autre jour, mais les enfants ne grandissent qu’une seule fois. Et les grands-mamans sont un des autres points importants pour nous. Nous avons vécu dans des villes pendant un certain temps – mais nous ne sommes pas des gens de la ville – et nous sommes vraiment reconnaissants d’avoir une des grands-mamans au bout de la route, dans une direction. Les enfants peuvent partir la visiter en vélo. Et l’autre grand-maman se trouve à cinq minutes en voiture, dans l’autre direction. Elles nous ont énormément aidés. Et j’espère que nous serons là pour elles aussi.

Kathleen : La famille est certes une priorité et j’adore cette expression, les « grosses pierres », c’est-à-dire se concentrer sur les éléments principaux, puis laisser les choses moins importantes derrière. Donc, Evelyn, votre vie est bien remplie et vous avez accompli plusieurs choses. J’aimerais savoir s’il y a quelque chose qui se trouve sur votre liste de choses à accomplir avant de mourir que vous n’avez pas réalisé. Et si tel est le cas, à quoi les auditeurs, et moi-même, pouvons-nous nous attendre de votre part pour la suite?

Evelyn : Eh bien, j’ai accompli de nombreuses choses. J’aime vraiment beaucoup voyager et l’entreprise nous a permis d’effectuer plusieurs voyages. J’ai l’impression de vivre dans un bel endroit. J’en suis très heureuse. Mais je suis toujours à l’affût, à la recherche d’autres situations que je pourrais régler. J’aime avoir l’impression que j’apporte une contribution dans le monde et que j’améliore les choses. Lorsqu’il y a une occasion de faire quelque chose, j’essaie de répondre rapidement que je vais y prendre part. Ici, dans notre petite ville, je vois trois autres occasions de carrière qui m’interpellent en me disant : « Démarre cette entreprise. Ou lance-toi dans cette occasion. » Mais je n’ai pas le temps de les faire les trois. Je ne sais pas si je prendrai ma retraite et me mettrai à autre chose. Nous devrons attendre pour voir ce qui arrivera.

Kathleen : Vous semblez vraiment avoir un grand esprit d’entreprise, à voir comment vous parlez des occasions à saisir ou des prochaines choses que vous souhaitez réaliser. Cela vous passionne. Vous nous intriguez, en nous donnant envie de savoir ce qu’entreprendra ensuite Evelyn Ernst! J’ai hâte d’en entendre parler; la poursuite des activités de votre entreprise tout en élevant votre magnifique famille suffirait certainement, mais peut-être verrons-nous une autre de vos réalisations dans le futur. Merci beaucoup d’avoir passé du temps avec nous aujourd’hui, et de nous avoir donné un petit aperçu de votre entreprise internationale.

Evelyn : Je vous remercie pour cette occasion et pour la conversation. Je l’apprécie beaucoup.

Share This