Une carrière dans le domaine des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), la constatation qu’il faut sensibiliser pour aider à résorber le manque de diversité, et un incroyable élan de soutien : voilà les éléments principaux qui ont poussé Jodi Kovitz, fondatrice de #movethedial, à mener un mouvement à l’échelle mondiale pour faire évoluer la présence et le leadership des femmes dans le secteur des technologies.

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Kathleen Burns Kingsbury : Saviez-vous que seulement 5 % des postes de direction sont occupés par des femmes dans le secteur des technologies? Que la rotation du personnel dans ce secteur est plus de deux fois supérieure chez les femmes que chez les hommes? Et que 88 % de tous les brevets de technologies de l’information déposées entre 1980 et 2010 provenaient d’équipes d’inventeurs composées uniquement d’hommes?

Il y a bel et bien un manque de diversité des genres lorsqu’il est question de leadership dans le secteur des technologies. Aujourd’hui, nous nous entretiendrons avec une femme qui en a assez de ces statistiques. Cela est pourquoi elle a créé un mouvement afin de non seulement combler, mais éliminer le fossé entre les genres dans le secteur des technologies. Elle s’appelle Jodi Kovitz. Elle est fondatrice et chef de la direction de #movethedial, un mouvement créé en janvier 2017 dans le but de faire avancer la cause des femmes dans les technologies. En 2017, Jodi a été reconnue comme l’une des 100 femmes les plus influentes du Canada selon le palmarès établi par le Réseau des femmes exécutives.

Jodi, merci de participer à ce balado avec moi malgré votre emploi du temps chargé.

Jodi Kovitz : Je suis heureuse d’être ici. Merci de m’avoir invitée.

KBK : Vous avez fondé #movethedial en 2017, il n’y a donc pas si longtemps. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ce qui vous a donné envie de lancer ce mouvement et sur votre mission exacte?

JK : Avec plaisir. En fait, l’inspiration me vient de mon premier emploi dans une entreprise technologique, il y a environ 20 ans. L’entreprise s’appelait Workbrain. Mon patron était formidable et s’appelait David Ossip (il est encore un incroyable ambassadeur et sympathisant de la cause), mais j’ai quitté l’entreprise après quelques années parce que je ne voyais aucun modèle qui me ressemblait au sein de l’équipe de direction. Je ne le savais pas à l’époque, mais la première semence de #movethedial était posée. Ensuite, faisons un saut dans le temps, j’ai passé 15 ans dans le domaine du droit, puis j’ai eu l’occasion de devenir chef de la direction d’un organisme sans but lucratif du secteur des technologies, l’entreprise Peerscale, qui permet aux chefs de direction d’entreprises technologiques de se regrouper entre pairs. Peerscale génère des revenus d’environ huit milliards de dollars au sein du marché ontarien. Ils m’ont embauchée pour planifier la nouvelle stratégie de l’organisation. Lors de la première rencontre avec tous les membres, j’ai observé la salle et constaté que parmi environ 130 personnes sur les 200 membres présents, 3 % étaient des femmes. Ça m’a profondément bouleversée. C’est ce que j’appelle la deuxième semence de #movethedial. J’étais étonnée de voir que, 20 ans plus tard, la présence de leaders femmes dans le secteur des technologies était toujours minime. J’ai ensuite été très chanceuse, car un de mes amis a créé une occasion peu de temps après lors de ce que j’appelle maintenant un moment #movethedial : il a fait des pieds et des mains pour m’aider à participer à une mission commerciale avec le maire et 59 leaders du secteur des technologies. Et j’ai eu beaucoup de chance d’aller en Israël et de monter à bord d’un autobus rempli de personnes très intéressantes avec lesquelles j’ai dû tisser des liens pour réussir dans mon nouveau rôle de leader d’un organisme communautaire. Le fait que mon ami ait pris le temps de m’aider a vraiment changé ma vie, car autrement j’aurais mis 10 ans à bâtir ces relations. Je suis donc allée en Israël, où j’ai rencontré de formidables entrepreneurs, et pendant mon séjour là-bas, je leur ai dit : « Lorsque vous irez aux États-Unis afin de trouver de nouvelles occasions de financement, pourquoi ne pas faire un arrêt à Toronto? Nous organiserons un petit événement. Je n’ai pas beaucoup d’amis dans le secteur des technologies, car je ne suis de retour dans ce domaine que depuis un mois, mais je connais une association et un groupe de leaders. Pourquoi ne tiendrions-nous pas un petit événement? Je vous promets d’y rassembler 30 personnes. » Ils m’ont alors répondu : « Jodi, pourquoi feriez-vous ça pour nous? » Et j’ai dit : « Eh bien, je veux simplement vous aider à avancer. » Cette générosité d’esprit fait maintenant partie des bases du mouvement. Déjà deux ans plus tard, l’idée de faire des pieds et des mains pour vraiment aider des femmes extraordinaires à mieux réussir dans le secteur des technologies a fait ses preuves. Les entrepreneurs sont finalement venus à Toronto et, alors que nous pensions accueillir 30 personnes à ce premier événement, 1 000 personnes s’y sont inscrites sur une période d’environ deux jours durant le temps des Fêtes. Nous avons alors su que nous avions mis le doigt sur quelque chose, et c’est ainsi que #movethedial soit né. Au départ, #movethedial devait être un événement, mais c’est devenu un mouvement parce qu’il y avait un besoin réel à l’époque, dans la communauté technologique. En janvier 2017, le besoin de chercher des moyens positifs et axés sur les solutions pour nous permettre de réellement combler le fossé entre les hommes et les femmes et de changer les choses dans l’écosystème technologique était en pleine force. C’est là, la vraie mission de #movethedial. Faire évoluer la présence et le leadership de toutes les femmes dans le secteur des technologies. Nous voici maintenant en novembre 2018 et nous avons joint environ 10 000 personnes grâce à nos programmes et à ce premier événement. Nous avons également, je l’espère, eu une énorme influence à ce jour.

KBK : C’est génial que vous soyez passée à l’action ainsi et que vous ayez pu faire quelque chose d’aussi généreux qui s’est ensuite transformé non pas en petit mouvement, mais en grand mouvement, un mouvement mondial. Dans l’une de vos conférences, à laquelle j’ai eu la chance d’assister, vous avez mentionné être la mère d’une jeune fille, Lily. Je me demande donc comment cela a influencé votre point de vue, en tant que mère, sur l’importance d’avoir des femmes leaders ainsi que des équipes inclusives et diversifiées dans le secteur des technologies.

JK : C’est une excellente question. Ma fille Lily a neuf ans et demi et elle adore coder. Elle a même une petite entreprise de promenade de chiens pour laquelle elle a conçu un site Web au moyen de l’intelligence artificielle. Et pour moi, l’objectif de #movethedial est que, dans 10 ou 15 ans, lorsque Lily voudra démarrer sa propre entreprise ou faire n’importe quel autre métier qu’elle aura choisi, le fait qu’elle soit une femme n’ait plus d’importance. À mes yeux, cela que correspond la réussite. Mais en ce moment, il est important d’en parler. Par exemple, lorsque mon amie Sabrina Geremia, une formidable ambassadrice de #movethedial, est passée de chef des opérations de Google Canada à chef de Google Canada il y a environ un an, ce n’était pas rien! Le processus est incroyablement rigoureux et le fait que Google soit dirigé par une femme au Canada se devait vraiment d’être célébré, à mon avis. Mais ça ne devrait pas être le cas. Ça ne devrait même pas être un aspect à souligner. Il faudrait que d’ici 10 à 15 ans, nous ne parlions que de ses réussites et de ses caractéristiques en tant que leader compétente. Bref, à mes yeux, c’est à cela que correspond la réussite. Et je souhaite sincèrement que Lily puisse vivre dans un monde sans distinction de genre. J’aimerais ajouter, tandis que nous parlons de la technologie dans la vie de Lily, que celle-ci jouera un rôle de plus en plus important. J’imagine que vous avez probablement utilisé de nombreuses applications aujourd’hui. En tous cas, moi j’en ai utilisé, notamment Uber pour me rendre au travail et pour commander le dîner pour toute mon équipe, et je pense à quel point la technologie est incroyable et peut changer notre vie. Par contre, si nous créons des solutions sans faire appel à des équipes et à des points de vue variés dans les groupes de conception et de leadership, je crains que, sans la participation des femmes, nous n’obtenions que des solutions technologiques qui ne reflètent pas l’ensemble de la population, y compris Lily et sa façon de voir les choses. Cet aspect est, à mon avis, de plus en plus important étant donné l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle. Et le fait que toutes les grandes entreprises technologiques en dépendent de plus en plus et qu’elles entraînent leurs machines à intégrer complètement les algorithmes produits par l’intelligence artificielle. Si nous ne tenons pas compte de tous les points de vue et de la diversité avec un « D » majuscule, notamment par rapport à l’écart actuellement énorme entre les hommes et les femmes, nous ne parviendrons jamais à « désentraîner » nos machines et nous introduirons des préjugés directement dans les solutions technologiques du futur. C’est ce qui me motive, au même titre qu’offrir toutes les chances à Lily, à faire avancer les choses.

KBK : Oui, vous savez, réfléchir à cela m’a réellement bouleversée. Et je n’y avais jamais pensé auparavant. Notre relation avec l’intelligence artificielle, mais également le fait que nous ne tenons pas compte de tous les points de vue et l’incidence que cela peut avoir sur les technologies actuelles et à venir. Ça m’a vraiment frappée de l’entendre pour la première fois.

JK : Oui, c’est très intéressant et, en fait, c’est un phénomène mondial. Je ne sais pas si vous avez lu récemment qu’Amazon a pris de très importantes décisions concernant l’intelligence artificielle qu’elle utilise, car l’entreprise a remarqué que cette utilisation entraînait la présence de préjugés dans ses systèmes. C’est donc un phénomène bien réel auquel nous devons faire attention. Je crois aussi que ça démontre clairement pourquoi nous devons agir rapidement pour faire avancer les choses. Et c’est là la raison d’être du mouvement #movethedial. Nos valeurs, notre générosité, nos actions et notre inclusion. Ces éléments visent à encourager les gens à participer activement à l’avancement des femmes dans le secteur des technologies. Ce n’est pas le fait de parler d’égalité dans une phrase d’un rapport annuel, ni d’en parler sans prendre de mesures concrètes qui nous permettra d’avancer.

KBK : Alors, #movethedial est un mouvement pratique et orienté vers l’action qui nous incite à faire encore plus, à faire quelque chose de différent, à aider et à ne pas rester les bras croisés en disant « j’ai lu les rapports, c’est décourageant », mais plutôt à passer à l’action. Je sais que fonder une entreprise et lancer un mouvement sont d’énormes projets, Jodi. Pourriez-vous faire part à nos auditeurs d’une ou deux leçons que vous avez apprises en cours de route et de la manière dont ces leçons vous ont aidée à devenir le leader que vous êtes aujourd’hui?

JK : C’est une question très importante à laquelle je pense souvent. La première leçon que j’ai apprise est qu’il faut voir assez grand pour faire réellement changer les choses. Je crois donc, au plus profond de moi-même, que nous serons tout à fait en mesure d’atteindre la parité hommes-femmes dans le secteur des technologies d’ici peu de temps, soit d’ici 10 à 15 ans, si nous nous y employons ardemment et rapidement. Il est donc essentiel de voir très grand et de croire que l’on a vraiment ce qu’il faut pour réaliser nos rêves. Nous voici à environ une semaine d’un très important événement pour #movethedial, soit le Sommet mondial #movethedial. J’ai eu cette idée il y a très longtemps et ce n’était qu’un petit germe dans ma tête. Peu de gens auraient cru possible de réussir à organiser un événement pour 1 000 personnes comprenant trois événements/activités et dans lequel la moitié des conférenciers viendraient de l’extérieur de la région. Nous accueillons 50 conférenciers et la moitié d’entre eux sont des personnes de couleur. Ce sera un événement phare très pertinent en particulier pour l’avancement des femmes dans le secteur des technologies, et il s’adresse tant aux hauts dirigeants qu’aux jeunes. C’était un rêve réel et, pour l’atteindre, il fallait d’abord que je voie très grande et que j’élabore ensuite un plan bien concret que je m’employais à réaliser. C’est ce qui m’amène à ma deuxième leçon : les gens. Ce que j’ai appris en créant cette organisation, qui est passée de zéro à dix employés à temps plein, en plus de compter actuellement 10 employés contractuels, est qu’il faut bien prendre le temps d’apprendre à connaître les gens. Chaque membre de votre équipe est un être humain. Et ces personnes sont motivées par ce qui les inspire. Qu’arrive-t-il si vous traitez chaque personne avec de la gentillesse, du respect et une générosité sincère, et que vous pouvez investir dans la croissance de votre culture et de votre équipe? Tout devient possible. J’avais un beau grand rêve, mais sans les personnes incroyables qui travaillent fort en équipe pour permettre sa réalisation, rien de tout cela n’eut été possible. Je crois que ce qui se passe pour beaucoup de leaders, et je suis une avide lectrice de biographies qui aime en apprendre plus sur le leadership efficace parce que je sais qu’il y a des choses que je ne connais pas… j’ai toujours soif d’apprendre à devenir une meilleure leader… j’ai découvert que la réelle clé du succès consiste à investir dans les employés, et mon rôle en tant que chef de la direction est de diriger et de trouver des employés, d’investir en eux, d’apprendre à les connaître, de les écouter et de soutenir chaque personne de mon équipe. C’est vraiment la meilleure leçon que je puisse communiquer : que vous soyez un entrepreneur ayant un seul employé ou 1 000 employés, il faut que vos employés soient votre priorité principale. Car sans eux, vous ne parviendrez pas à réaliser vos rêves.

KBK : À votre avis, qui fait bien les choses dans le secteur lorsqu’il est question d’égalité hommes-femmes au travail?

JK : J’adore l’histoire de Marc Benioff, de Salesforce. Pour les auditeurs qui ne connaissent pas Salesforce, il s’agit d’un logiciel de gestion des relations avec la clientèle qui aide les entreprises à gérer leurs listes d’envoi et leurs contacts. Mais ce qui a fait la renommée de Salesforce, c’est sa stratégie en matière d’égalité. L’égalité pour tous et le fait que c’est un endroit où tout le monde veut travailler. L’histoire vient du fait que des employés très prévenants ont rencontré leur chef de la direction – Marc Benioff, un leader très attentionné et inspirant à mes yeux – pour lui indiquer qu’ils constataient un écart dans les salaires, un problème d’équité salariale, et que les femmes gagnaient moins d’argent que les hommes. La première réaction de Marc a été de dire : « C’est impossible qu’on n’ait rien vu. Je n’y crois pas. » Mais lorsqu’il a apporté à la maison une copie imprimée des rapports de paie de l’ensemble des régions et des postes, il a compris que c’était bel et bien ce qui se produisait dans son entreprise. Que les femmes gagnaient un salaire bien inférieur à celui des hommes. Il a donc décidé à ce moment-là, cette fin de semaine là, de prendre un stylo rouge et de corriger le problème. Il a investi des millions de dollars uniquement pour régler la situation. Il ne l’a pas mentionné dans un rapport et n’a pas élaboré un plan graduel échelonné sur 17 ans. Il a simplement dit « c’est inacceptable et je vais y remédier ». Cet engagement envers l’égalité à un niveau stratégique très élevé et l’investissement qu’il a fait dans ses employés ont radicalement transformé la culture à Salesforce. Ils sont reconnus comme étant l’une des meilleures cultures d’entreprise et l’un des meilleurs employeurs et je crois sincèrement que la diversité – ils ont d’ailleurs développé une stratégie très exhaustive en matière d’égalité qu’on peut consulter en ligne –, la stratégie d’égalité, l’inclusion et le sentiment d’appartenance observés à Salesforce sont devenus leur principal avantage concurrentiel. Les entreprises de l’écosystème technologique se font la guerre pour attirer des candidats talentueux, et Salesforce a compris comment bien faire les choses. À mon avis, cette entreprise est un excellent modèle à suivre. C’est d’ailleurs eux qui prononceront le mot d’ouverture lors du sommet qui aura lieu dans une semaine, car nous voulons donner l’occasion à tous les Canadiens d’entendre leur histoire.

KBK : Il s’agit de leaders qui se sont engagés à assurer la diversité des genres, qui investissent en ce sens et qui passent à l’action. Que pouvons-nous faire de plus pour accroître le nombre de femmes dans le secteur des technologies? Les leaders peuvent prendre certaines mesures, mais les autres personnes peuvent-elles aussi agir?

JK : Je pense que les petites actions sont aussi importantes que les grandes actions mises en place par les leaders. Chaque personne peut aider à faire avancer la cause des femmes. En ce qui concerne le secteur des technologies plus précisément, il s’agit de se dire : « Que puis-je faire aujourd’hui pour créer ne serait-ce qu’une petite occasion? » Une petite action peut être d’inviter une personne à vous accompagner à une réunion pour qu’elle puisse en observer le déroulement. Ça peut être aussi simple que d’offrir à une femme une affectation enrichie ou une occasion de faire une tâche qu’elle n’accomplit pas normalement afin qu’elle puisse acquérir de nouvelles compétences. Pour vous surpasser, vous pourriez également favoriser le réseautage au sein de votre propre réseau de relations professionnelles. Les gens sous-estiment vraiment la pertinence de créer des occasions de réseautage. Car souvent, lorsqu’il existe dans le secteur un grand écart entre les hommes et les femmes, les réseaux naturels finissent par être majoritairement masculins. Il est donc très utile de créer des occasions de réseautage. Ces petites actions peuvent donner de grands résultats. Tout comme s’engager réellement à soutenir la carrière d’une femme à toutes les étapes de celle-ci – les hommes comme les femmes bénéficient de ce genre de soutien –, mais plus précisément, on parle souvent du pouvoir du parrainage. J’utilise le mot « soutien », car je crois que ça va plus loin que le parrainage. Que puis-je faire de plus pour vous aider à atteindre vos objectifs? Si vous me faites part de vos objectifs, puis-je vous aider à les atteindre en vous coachant? Puis-je partager mes connaissances avec vous? Puis-je utiliser mon réseau, mon capital de relations et mon expérience pour vous aider, en tant que femme, à passer à la prochaine étape de votre carrière? Et selon moi, toutes ces petites actions, des personnes qui en aident d’autres, feront des vagues puisque tout le monde travaille ensemble. En même temps, les leaders collaborent et prennent des engagements fermes et importants pour faire avancer les choses dans leur entreprise.

KBK : Je vois deux volets à ce mouvement. Il y a cette grande idée, des leaders puissants qui prennent d’importantes mesures audacieuses. Puis il y a chacun d’entre nous qui demande : « Hé! Que puis-je faire pour me rendre utile? » Et bien sûr, inviter quelqu’un à une rencontre de réseautage, parrainer quelqu’un ou aider quelqu’un à en apprendre plus sur un sujet sont toutes des actions que l’on peut réaliser facilement et rapidement. Tous ensemble, nous pourrions incarner ce grand changement que #movethedial tend à accomplir.

JK : Oui.

KBK : Et comment allez-vous mesurer la réussite? Car habituellement, n’est-ce pas, les mouvements sont de grands changements qui mènent à la croissance. En fin de compte, comment évaluez-vous la réussite? Quel est votre point de référence et quand prévoyez-vous l’atteindre?

JK : Voilà une excellente question. Les indicateurs clés de performance m’ont toujours semblé très importants. La première étape consistait à inviter des gens à participer au mouvement à leur manière lors d’événements ou en s’inscrivant à nos programmes. Nous sommes sur le point de lancer des programmes stratégiques très intéressants qui nous permettront de réunir des leaders – d’ailleurs, des leaders provenant d’environ 50 entreprises différentes des secteurs de l’innovation commerciale, des technologies de mise à l’échelle et des technologies classiques seront réunis la semaine prochaine lors de notre première rencontre – afin qu’ils puissent discuter de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Ces programmes nous permettront de publier un rapport et un guide pour que les gens aient accès à une feuille de route concrète les aidant à atteindre des objectifs très ambitieux. Nous voulons ainsi faire avancer les choses aussi rapidement que possible. Nous n’avons pas encore établi de mesures précis, elles seront communiquées dans le rapport, mais vous pouvez être sûrs qu’elles seront très ambitieuses, car je crois que nous devons agir rapidement pour atteindre des statistiques précis : le nombre de femmes promues à des postes de direction; avec le temps, le nombre de filles qui obtiennent un diplôme dans le domaine des STIM; à plus long terme, le nombre croissant de femmes fondatrices qui démarrent seules des entreprises technologiques; le nombre de femmes présentes dans les équipes de direction d’entreprises technologiques; et, bien sûr, le nombre de femmes siégeant au conseil de telles entreprises. Ce sont les types de mesures et les statistiques que nous prévoyons dévoiler en mars.

KBK : Excellent! Nous avons déjà hâte de les consulter. Et vous savez, je ne travaille pas dans le secteur des technologies, mais je crois sincèrement que la parité hommes-femmes dans tous les secteurs, y compris celui des technologies, est essentielle à notre santé, à notre bien-être et à notre monde. Et l’une des petites choses que j’ai déjà faites, et que je continuerai certainement à faire, est d’acheter parfois un livre à une jeune fille de sept ou huit ans. Il existe des livres comme Rosie géniale ingénieure et d’autres livres qui traitent de leadership et qui font prendre conscience aux jeunes filles des possibilités qui s’offrent à elles. Et ce n’est pas un domaine réservé aux hommes ou seulement « pour les garçons ». J’encourage tous nos auditeurs à réfléchir à une petite action qu’ils pourraient réaliser pour faire avancer les choses, pour aider Jodi et le mouvement qu’elle a lancé. Et Jodi, si les auditeurs veulent obtenir une copie du rapport lorsqu’il sera publié ou en savoir plus à propos des événements, pouvez-vous leur indiquer comment obtenir ces renseignements?

JK : Bien sûr. Notre site Web est movethedial.com et s’écrit comme il se prononce, et j’encourage fortement les gens à le visiter et à s’inscrire à notre infolettre. La semaine prochaine, nous allons aussi faire une annonce très importante à propos d’une plateforme que nous sommes en train de créer. Restez donc à l’écoute et inscrivez-vous à l’infolettre pour être tenu au courant des moyens de participer au mouvement en utilisant votre expertise et en nous prêtant main-forte si vous avez à cœur de faire avancer la cause des femmes. Peu importe votre secteur, je suis persuadée que vous avez quelque chose à nous apporter. Nous nous en réjouissons et nous serions ravis de vous voir lors de nos événements et lors de notre sommet l’an prochain. Vous pouvez également visionner notre sommet, qui sera entièrement diffusé en direct sur notre site Web et qui proposera du contenu incroyablement inspirant. J’encourage donc tout le monde à le regarder.

KBK : C’est génial. Merci beaucoup! Je comprends que vous avez pris le temps de venir ici malgré votre horaire très chargé, une semaine avant un événement important , et ça veut tout dire. Je vous suis très reconnaissante, Jodi, d’être venue ici aujourd’hui pour m’expliquer, ainsi qu’aux auditeurs, comment nous pouvons appuyer la cause très louable de #movethedial et veiller à assurer la parité hommes-femmes dans le secteur des technologies.

JK : Merci de m’avoir invitée. Ce fut réellement un plaisir de discuter avec vous et je suis ravie de votre intérêt et de votre appui envers la cause. Et du soutien de BMO en tant que partenaire fondateur. Je vous en suis très reconnaissante.

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