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Les femmes entrepreneures : conscientes des risques et innovantes (Balado)

Pour écouter, cliquez ici (en anglais seulement)

Kathleen : Janice McDonald est une entrepreneure couronnée de prix possédant l'expertise dans l'industrie de la musique, les accessoires de vêtement et les jeunes entreprises. Women in International Trade Los Angeles l’a nommée Ambassadeur du Commerce Mondial pour le Canada en 2017 et elle a été la première Canadienne à recevoir ce titre. Janice a représenté le Canada aux ateliers de l'APEC au Vietnam en 2017 et a fait une présentation sur l'esprit d'entreprise. Son entrevue TED a été vue plus de 15 000 fois et continue d’être vue. Après avoir remporté le prix quatre années de suite, Janice a été intronisée au Temple de la renommée du RFE des 100 Femmes les plus Performantes au Canada. Elle est la fondatrice de l'Agence Beacon qui est une société de conseil mondial qui se concentre sur l'entrepreneuriat, le leadership et la recherche. Sa dernière Jeune Entreprise est thisspaceworks.com.

Clare Beckton est l'auteure de plusieurs livres, dont « Own it: Your Success, Your Future, Your life » et « The Media and the Law in Canada ». C’est une ancienne professeure de droit, cadre supérieure au gouvernement canadien, et l'une des fondatrices du Center For Women in Politics and Public Leadership. Clare est une intervenante recherchée, mentor, coach et animatrice. Elle a dirigé le développement et anime le programme « Advancing Women in Leadership » à l'Université Carleton. Elle est récipiendaire de la bourse Fulbright, la bourse Littauer, et a étudié à l’École de Gouvernement Harvard Kennedy en 2004 et 2005. Clare a été reconnue deux fois par le RFE comme l'une des 100 femmes les plus importantes au Canada, ainsi que d'autres reconnaissance pour son leadership de CWCT, Women of Influence et WPN. Clare fait partie d'un certain nombre de conseils, y compris le Harvard Women's Leadership Board ; elle préside le comité de gouvernance du Beachwood National Cemetery et est membre de l'équipe 25 de l'UNICEF.

Clare et Janice sont les co-auteures d'une nouvelle étude de recherche en partenariat avec BMO Financial Group, Beacon Agency et l'Université Carleton. Il s’agit de - Everywhere, Every Day Innovating Women Entrepreneurs and Innovation - et ceci est le sujet du podcast d'aujourd'hui.

Donc, je voudrais souhaiter la bienvenue à Clare et Janice à l’émission d’aujourd'hui. Je suis très heureuse de parler de la recherche que vous avez faite. Je sais que BMO est un ardent partisan de la recherche. Pourquoi ne commencerions-nous pas avec vous, Clare. La recherche que vous deux avez menée se concentre sur les femmes entrepreneurs dans l'innovation. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ce qui vous a intéressée dans ce sujet ?

Clare : Eh bien, nous étions intéressées par l'innovation depuis un certain temps déjà et nous avions terminé une étude en 2016 appelée « A Force to Reckon With » avec des femmes entrepreneures et le risque et alors que nous faisions cette étude et que nous regardions autour de nous, nous nous sommes rendues compte qu'il y avait plus de mythes que la simple façon dont les femmes entrepreneures examinent les risques, mais il y avait des mythes et des lacunes dans la connaissance sur la façon dont les femmes entrepreneures innovent. Ce fut donc l’étape suivante logique que d’examiner les femmes entrepreneures et l'innovation.

Kathleen : Oui, je sais que ce premier projet de recherche a été formidable. Il y avait tellement de choses que j'ai personnellement et professionnellement apprises et il semble que c'était en quelque sorte l’étape suivante pour vous. Qu’en est-il pour vous Janice ? Qu'est- ce qui vous intéresse à explorer ce thème de l'entrepreneuriat et l'innovation ?

Janice : Eh bien, j'ai passé énormément de temps dans l'écosystème de Jeunes Entreprises et le grand écosystème entrepreneurial et Clare et moi, comme il a été dit, sommes allées dans tout le pays en 2016 lorsque nous avons publié notre étude. Nous avons entendu beaucoup d'histoires passionnantes, intéressantes mais nous avons également entendu les défis et nous nous sommes bien sûr rendues compte que ces mêmes choses ne concernaient pas seulement le risque mais concernaient également la perception de la façon dont les femmes entrepreneures innovent. Nous avons donc été motivées pour étudier ce sujet plus en profondeur.

Kathleen : Une des choses que j'ai apprise en lisant « Everywhere Everyday Innovating » le projet de recherche ou l'étude de recherche, c’est que l'innovation peut être définie différemment et ainsi quand vous étudiiez l'innovation dans ce contexte particulier, comment l’avez-vous définie ?

Clare : Lorsque nous avons étudié l'innovation, nous avons examiné cette question de la façon la plus large qui soit plutôt que simplement : l'innovation équivaut à la technologie ou la technologie équivaut à l’innovation ; mais cela peut représenter beaucoup de choses dans une organisation et cela peut se produire dans toutes sortes de domaines différents de l'entreprise et en fin de compte, peut créer des possibilités infinies. Pour vous donner un exemple, un entrepreneur a dit : "l'innovation est un facteur évident d’opportunités et d’options" ; donc ce peut être un produit, un service ; ce peut être la façon dont vous commercialisez votre entreprise, la façon dont vous menez vos affaires.

Kathleen : C'est donc une définition beaucoup plus large. Est-ce semblable ou différent de la façon dont nous envisageons typiquement l'innovation en entreprise ?

Janice : Eh bien, je pense que ce qui se passe généralement récemment lorsque nous pensons à la façon dont les gens innovent dans leurs entreprises -et les femmes sont particulièrement touchées par cette vision plus étroite- est qu’ils pensent que la technologie équivaut à l'innovation - mais l'innovation se produit de toutes sortes de façons dans les entreprises, de toutes sortes d’aspects différents. Par conséquent, -avec ce genre de vision étroite- vous ne pouvez pas reconnaître l'ensemble des types d'innovations intéressantes qui se produisent.

Kathleen : Donc, c'est vraiment comme je le disait précédemment, un type de vision large et cela permet réellement d'exploiter ce que les femmes ou les femmes entrepreneures font. Maintenant, je sais qu'il y a beaucoup de mythes au sujet des femmes et de la richesse. Il y a beaucoup de mythes au sujet des femmes dans les affaires et une partie de ce que je fais dans mon travail avec BMO pour les femmes ainsi qu’avec ma propre entreprise est vraiment essayer que ces mythes explosent en miettes. Alors, l’un des mythes ou l'un des postulats que je vois dans mon travail, c'est l'idée que les femmes sont moins sérieuses quand il s’agit de faire croître leur entreprise ou qu'elles sont moins innovantes que les hommes. Alors, dites-moi un peu d’où vous pensez que ce mythe vient et ce que vous pensez de l'impact qu’il a sur les femmes propriétaires d'entreprises et peut-être quelles sont les personnes qui peuvent les aider ?

Janice : Je dirais pour commencer, c'est inexact, point-barre. Nous savons toutes les deux, de nos recherches mais aussi de notre propre expérience et des données non scientifiques, que les femmes font des choses incroyables. Elles innovent dans tous les aspects de leurs activités - c'est tout. Mais quand il y a cette impression qu'elles sont moins innovantes, bien sûr cela a des répercussions de toutes sortes de différentes façons. Par exemple, en ce qui concerne l'accès tangible au capital : ceci est un défi parce qu'elles ne sont pas en mesure d’obtenir des subventions et certaines des autres choses qui sont disponibles aux d'entreprises soi-disant plus innovantes.

Kathleen : Et donc, Janice, existe-t-il d'autres conséquences au-delà des aspects financiers ? Cela s’applique-t-il également à d’autres aspects tels que sociétaux ou familiaux ou est-ce plus large que seulement l’aspect financier ?

Janice : Eh bien l'argent est un grand chose évidemment, mais oui, les femmes sont innovantes et elles font des choses innovatrices pour leur entreprise ; donc, que cela ne soit pas reconnu influe sur l'élaboration des politiques. Je pense que même simplement dans la perception immédiate des femmes entrepreneures à qui l’on dit cela ou ce type de discours disant qu’elles sont moins innovantes, cela peut évidemment ajouter de la frustration et d'autres défis inutiles. Clare, voudriez-vous ajouter quelque chose ?

Clare : Ce qui se passe, c'est aussi lorsque les villes se penchent sur ce phénomène ou les provinces se penchent sur les entreprises ; si elles ne pensent pas que les femmes entrepreneures innovent, elles n’éliminent pas nécessairement certaines des barrières permettant l'inclusion dans cet écosystème d'entrepreneur qui est si important pour les femmes et ceci inclut l'accès aux accélérateurs et incubateurs parce qu'actuellement, les femmes n’ont pas accès à ceux-ci qui, dans de nombreux cas, sont très conviviaux et en particulier, beaucoup d'entre eux – comme nous le savons, se concentrent davantage sur les innovations technologiques et nous savons que les femmes entrepreneurs utilisent beaucoup la technologie. C'est tout simplement le fait qu'un grand nombre de leurs innovations ne sont peut-être pas directement liées à la technologie, tel que par exemple l'innovation de nouveaux produits. Ce n'est pas un produit technologique, mais ceci est très important.

Kathleen : Donc, pour les personnes qui sont à l'écoute, qui ne savent pas ce qu'est un incubateur, pouvez-vous nous donner quelques explications sur ce qu’est un incubateur ?

Janice : Bien sûr, c'est un endroit dans lequel vous exposer vos activités et vos idées d'activités et les faites incuber. En quelque sorte, il s’agit de lancer votre entreprise et de la développer et idéalement à partir de là, une fois qu’elle a atteint une certaine maturité, vous passez ensuite à un accélérateur qui soutient votre entreprise. Donc, si les femmes ne sont pas trouvées dans ces endroits et leurs entreprises ne reçoivent pas ces possibilités, cela a évidemment des répercutions importantes.

Clare : La fille d’un fermier à laquelle je pense, a des couveuses pour les poussins ; ils commencent à grandir grâce à la lumière. Ils sont alors déplacés vers un autre emplacement pour les aider à se développer jusqu'au point où ils seront en âge de pondre ou prêts pour le marché. C'est parfait.

Kathleen : J'adore cette image et je pense aussi que le fait de savoir comment les femmes ont tendance à penser à l’activité des affaires et ont tendance à obtenir de l'aide pour la croissance de leur entreprise, j'imagine que ces connexions sont vraiment importantes. Elles sont également importantes pour les hommes mais avoir un endroit où aller et obtenir ce soutien et aussi, je pense également à la sorte d'état d'esprit si l’on vous dit de toute sorte de façons différentes, que ce soit directement ou indirectement, que, d’une certaine façon, les femmes ne sont pas novatrices, même en tant que femme entrepreneure, vous pouvez commencer à croire cela.

Janice : Exact.

Clare : Et je pense que nous voyons cela tout le temps, non seulement dans le domaine de l'entrepreneuriat mais si vous pensez à l'école, où les femmes sont amenées à croire qu'elles ne sont pas bonnes en mathématiques ou en sciences ou que ces matières ne sont pas pour les filles - c'est ce même genre de stéréotype et d'image qui s’imposent quand il s'agit de femmes entrepreneures ou des femmes et des filles à l'école et aux universités et qui a un impact très négatif, comme nous le savons.

Janice : Oui et dans un contexte plus large, ce dont il s’agit est que si les entreprises des femmes ne naissent, croissent, prospèrent et exportent pas, alors ce sont là de différents types d'entreprises qui n'obtiennent pas la reconnaissance et les soins tel que montrés par les indicateurs. C'est un peu compliqué qu’elles ne reçoivent pas cette chance de grandir et par conséquent, certains des produits et services que les femmes veulent voir finalement ne se concrétisent pas. Il est donc vraiment important que nous voyions que ces incubateurs et accélérateurs sont des endroits inclusifs.

Clare : Et c'est également lié à des réseaux parce que les femmes ont besoin de réseaux et elles veulent faire partie de réseaux parce qu'elles reconnaissent l'importance des réseaux et la plupart des réseaux traditionnels ne sont pas très conviviaux ou accueillants aux femmes entrepreneures. Donc, si vous ajoutez tout cela, cela devient un vrai défi ; et parfois aussi lorsque vous êtes à la recherche de ces incubateurs et ces espaces d'innovation, elles ne pensent pas que, pour attirer les entreprises dans une ville ou à une province vous avez besoin d'avoir beaucoup d'entreprises qui font de cette ville et de cette province un endroit très vivable et beaucoup d'entreprises de femmes, parce qu'elles sont concentrées dans le secteur des services, sont très tentées de le faire.

Kathleen : Pouvez-vous me donner un exemple ?

Clare : Eh bien, par exemple, dans une ville il y avait un studio qui, au lieu d'être un simple studio d’exercice de cardio-vélo, est devenu un centre communautaire. Les gens y vont donc, non seulement pour faire de l'exercice, mais aussi pour rencontrer d'autres personnes, pour voir lorsque des événements ont lieu ; par conséquent, ils créent réellement une communauté au sein d'une communauté et nous savons que cela est si important dans la société d'aujourd'hui.

Kathleen : Excellent. Je sais que BMO a été un ardent partisan de la recherche et a également contribué à, en quelque sorte, amplifié la recherche avec l'industrie, le gouvernement, et à vraiment promouvoir, mais au-delà de cela, comment pensez-vous que les professionnels des services financiers, en général, peuvent aider les femmes à surmonter ce mythe ou à passer outre ce mythe et à être en mesure de faire croître leurs entreprises ? Existe-t-il des conseils, des outils ou des informations qui s’y rapportent ?

Janice : Oui, absolument. Je pense qu’en premier lieu, il nous faut garder à l’esprit qu'il y a une partialité inconsciente ; de sorte que les gens de première ligne doivent penser, "quels postulats ai-je sur la façon dont les femmes innovent ou comment elles gèrent leurs affaires" et vous prenez cette mesure et vous faites une pause et pensez à cela parce que bien sûr, si vous pensez que les femmes fonctionnent d’une certaine manière qui peut être différente et ayant moins de valeur -pour ainsi dire- qu'un homologue masculin, vous allez prendre des décisions quant à savoir si vous leur donnez ou non un certain montant de prêt ou ce genre des choses comme cela. Donc, je pense que commencer par aborder ces préjugés inconscients est vraiment un début prometteur.

Clare : Et je pense, l'autre chose que nous avons observée, est que nous avons parcouru tout le pays pour entendre les femmes entrepreneures ; beaucoup d'entre elles ne sont pas allées à la banque en premier lieu parce qu'elles croyaient simplement que leur demande de prêt serait rejetée. Je pense donc que les institutions financières doivent faire face à cette perception qui existe parce que la perception devient une réalité et qu'elles doivent aussi comprendre que, souvent, les femmes peuvent démarrer leur entreprise un peu plus lentement, de sorte qu'elles pourraient chercher à obtenir un plus petit prêt afin de demeurer viable et leur croissance sera plus durable. Elles doivent donc comprendre cette approche, tendre la main, devenir plus accueillantes et également aider les femmes à comprendre les femmes entrepreneures et ce dont nous avons besoin pour être en mesure d'accepter votre demande.

Janice : Information - et j'ajouterais, Kathleen, et nous savons cela par notre étude de 2016 « A Force to Reckon With » que les femmes entrepreneures sont à la recherche d'une relation avec leurs institutions financières. Donc, pour ceux qui sont de l'autre côté de la table, quand une femme entrepreneure arrive, ils doivent commencer à penser à : "Comment puis-je promouvoir et développer une relation avec cette entrepreneure ?" Et c'est le remarquable point de départ parce que les femmes entrepreneures veulent quelqu'un qui soit de leur côté, qui comprenne pourquoi elles sont dans les affaires et ce qu'elles veulent réaliser. Donc, penser à une approche de relation à long terme est critique.

Kathleen : Et ce que j'ai entendu très clairement, c'est qu’il y a deux parties : c'est à la fois les femmes entrepreneures apprenant ce que les institutions financières veulent et ne pas avoir peur de les approcher et aussi, pour les institutions financières, d'examiner les préjugés inconscients et de trouver des façons d’exercer leur métier d’une façon plus équitable entre hommes et femmes.

Clare : Absolument, oui nous avons entendu parler de…

Janice : je veux juste ajouter, Clare, que nous avons entendu cette belle histoire au sujet de la femme entrepreneure qui a eu l'occasion d'acheter son immeuble et, en quelque sorte, d’agrandir son entreprise et elle n'était pas sûre si elle pouvait le faire et avait beaucoup de réserve ; c'est son partenaire d'un établissement financier qui a dit, "Hé, j’arrive. Nous allons travailler sur vos chiffres. Vous pouvez le faire. Cela va être une bonne décision pour vous." Et ils ont travaillé ensemble. Ceci est un réel partenariat et vous savez le reste de l’histoire. Cela a tout simplement été extraordinaire pour l'entreprise de cette femme.

Clare : Et je pense aussi que ce que les institutions financières peuvent faire est d'être là et de soutenir les organisations de femmes et d’offrir des opportunités de reconnaître toutes ces énormes possibilités -les femmes et les possibilités de croissance et de développement- et ce que ces entrepreneures sont en train de faire. Ainsi, par exemple, BMO a un événement rendant hommage aux femmes à travers le pays et ce genre d'événement peut vraiment mettre en lumière certains des énormes travaux accomplis par les femmes entrepreneures qui seraient autrement passés inaperçus. Et donc, il y a de nombreuses possibilités pour eux de soutenir la formation, comme ils le font, un certain nombre d'entre eux soutiennent les organisations de femmes, organisations de femmes d’affaires, mais il doit y avoir plus de ce type de démarches.

Kathleen : Je peux entendre la passion dans vos deux voix, à la fois Clare autant que Janice. Il est clair pour moi que vous êtes très enthousiastes quant à la recherche que vous faites, qu'il s'agisse de l'ancien projet de recherche ou de cette recherche sur l’innovation, recherche dont nous parlons aujourd'hui. Commençons donc avec Clare : qu’est-ce qui a été le plus exaltant dans le résultat de la recherche ?

Clare : Eh bien, je pense que le résultat le plus passionnant pour moi a été l'impact. Nous avons entendu des femmes chefs d'entreprise dirent qu’elles se reconnaissaient dans la recherche, qu'elles étaient vraiment heureuses d'avoir cette amplification de leur voix parce que quand vous êtes une entrepreneure disant quelque chose, votre voix n'est presque jamais aussi forte que lorsqu'il y a un grand nombre d'entrepreneurs disant la même chose. La deuxième chose qui était vraiment passionnante pour nous, c’est le fait que cela a influencé les budgets ; qu'il y a maintenant une stratégie de l'entrepreneuriat des femmes dans le budget en même temps que les fonds supplémentaires et d'autres possibilités de prêts. Et je pense aussi à la façon dont l'ensemble du rapport est reconnu et amplifié et à avoir eu l'occasion d'impacter les femmes entrepreneures parce que c'est la raison pour laquelle nous avons fait cela.

Kathleen : Janice, tout d'abord, y-a-t-il quelque chose que vous voudriez ajouter à cela et en second lieu, pouvez-vous donner quelques précisions au sujet de l'impact sur le budget ?

Janice : Donc, réponse en deux parties : Donc, oui tout ce que Clare a dit – point-barre. Et puis j'ajoute qu’étant une entrepreneure moi-même, l'autre chose que j'ai trouvé être vraiment fort, c'est que nous avons entendu de tant de femmes entrepreneures avec lesquelles nous n’avons pas eu d’entrevues, dirent : "Oh mon Dieu ! C'est moi dans cette étude. Mes mots sont reflétés ici. Mon expérience est saisie là." Nous savons donc que nous avons obtenu la vraie signification de ce sentiment que les femmes entrepreneures non seulement ressentent, mais cherchent à partager en termes de leur voix. Juste pour ajouter en ce qui concerne le budget comme Clare l'a dit, c'est une stratégie spécifique qui a été développée pour vraiment soutenir et aider les femmes entrepreneures à se développer tant dans leurs régions et dans tout le pays, mais aussi avec l'esprit tourné vers l'exportation de leurs entreprises.

Kathleen : Et donc, ce que j'entends, c'est que c'est une telle validation d'expérience que de faire cette recherche, de parler à ces entrepreneures, et ensuite que des femmes qui ont ou n’ont pas pris part à l'étude disent vraiment "Hé ! C’est mon expérience" et puis, encore plus passionnément pour moi, je suppose, parce que je suis quelqu'un qui croit vraiment à avoir un impact, c'est l'idée que ce type de recherche peut vraiment influencer le changement et que l’on peut prendre la voix d’une femme et l'ajouter à toutes ces autres femmes et ainsi recueillir certaines données et vraiment faire évoluer les choses. Dans votre cas, c'est un changement dans le budget au Canada, mais je sais que cela se produit aux États-Unis et également dans d'autres pays ; par conséquent, cet impact, vous devez être…

Janice : Et il y avait la volonté, exact. C'était la partie importante - le gouvernement était également intéressé et disposé à entendre ce que nous avions à dire. Il y a donc cette ouverture d’esprit de dire que c'est une stratégie importante pour le Canada et nous voulons reconnaître cela et initier ce changement. Vous avez donc tout à fait raison, l'impact a été tout simplement incroyable.

Clare : Et ceci, pour moi, est la partie la plus importante et c'était réellement une composante de la philosophie du gouvernement canadien parce qu'il a fait un budget de genre, ce qui est la première fois où chaque élément du budget a été examiné au travers d’une lunette de genre. Mais la vraie raison pour laquelle nous voulons faire ce genre de recherche, c’est qu'il y a des mythes à dissiper. Il y a des informations à partager mais il y a aussi des conversations à changer et c'est ce changement de conversation qui donnera des différents résultats sur le terrain ce qui rend le processus si spécial. Comme Janice l’a dit, c'est ce qui nous enthousiasmé et nous motive à continuer à faire cela.

Janice : Et, Kathleen, pour vous dire la vérité, nous avons eu beaucoup de plaisir à faire cela.

Clare : Oui , nous avons du plaisir et ce qui nous a vraiment impressionnées a été la résilience et la force de ces femmes entrepreneures à travers le pays parce que nous avons entendu des histoires incroyables de défis et par exemple, certaines des femmes autochtones nous ont dit que non seulement elles avaient les défis des autres femmes entrepreneures mais en plus, elles avaient aussi les défis supplémentaires de préjugés, de ne pas avoir le soutien de leur communauté et de leur famille et d'avoir à être un modèle, qu’elles y aient vraiment pensé ou pas, et que cela était une charge, mais également l'opportunité que cela a représenté dans ce défi. Donc, entendre ces histoires était très touchant et émouvant pour nous.

Kathleen : Et de plus, cela se passe à un tel moment quand, à l'échelle mondiale, nous étudions comment les femmes peuvent avoir un plus grand impact et une voix plus forte et donc, vraiment le moment de la publication du rapport et les résultats de vos recherches tombent à point. Donc, pour les femmes qui sont à l'écoute, disons que je suis une femme propriétaire d'entreprise. Je suis en train d'écouter ce podcast aujourd'hui : comment puis-je profiter de l'information de ce rapport et d'ailleurs, si quelqu'un est intéressé pour obtenir le rapport, vous pouvez consulter BMOforwomen.com et télécharger le rapport. Mais si je vous écoute, je télécharge le rapport, je lis l'information… comment puis-je l'utiliser à mon avantage ? Quels conseils et outils dois-je en tirer en tant qu’individu ?

Janice : en termes de conseils et astuces, pour les femmes entrepreneures, eh bien oui, téléchargez, lisez et puis commencer par prendre les mesures pour instaurer une relation avec votre banquier. Donc, que vous ayez besoin d'argent ou pas, il s’agit de prendre cette vision à plus long terme et de commencer à prendre cet engagement. L'autre chose que nous savons est que les femmes entrepreneures ont besoin d'informations et parfois elles ont l’impression qu’il y a tellement d'informations disponibles qu’elles ne savent pas où y accéder. Elles doivent donc prendre des mesures pour commencer à faire progresser leur réseau. Par le biais d'organisations de femmes, exploitez ces informations qui s'offrent à vous parce que cela va être une sorte de raccourci pour accéder à l'information dont vous avez besoin. Ce sont les deux priorités. Clare, je sais que vous avez d'autres.

Clare : Oui. Une des choses est que je pense que les femmes entrepreneures ont besoin de reconnaître qu'elles sont des leaders et qu'elles ont des voix fortes et elles ont la capacité d'apporter des changements dans leurs communautés, provinces, et pays. Et je pense qu'il est très important qu'elles utilisent ces voix. Et je leur dis souvent en plaisantant : apportez nos rapports aux banques et dites, "Voilà, voici la preuve. Maintenant donner-nous un prêt." Donc je pense que c'est être capable d'utiliser cette information à leur avantage mais de reconnaître qu'elles ne sont pas seules, qu'il y a de nombreux défis, mais il y a aussi beaucoup d'opportunités et tout comme Janice l'a dit, impliquez-vous dans les réseaux mais utilisez votre voix - c'est fort.

Kathleen : Eh bien vous savez, Clare et Janice, je pense que c'est le moment parfait pour conclure : utilisez votre voix, elle est puissante et je recommande aux personnes présentes de consulter BMOforwomen.com pour télécharger le rapport « Everywhere Every Day Innovating » et j'aime cette idée de l'apporter à votre institution financière, de le placer dans votre groupe de réseautage, de vraiment partager l'information et de s'assurer qu'ensemble nous pouvons avoir un impact durable.

Alors merci beaucoup, Clare et Janice pour votre travail, pour nous en avoir parlé aujourd'hui sur le BMOforWomen podcast et j'ai hâte de voir ce que vous deux nous préparez.

Clare : Merci Kathleen.

Janice : Garder l’œil ouvert.