Tous entrepreneurs, mais pas tous les mêmes

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Il ne fait pas de doute que les hommes et les femmes entrepreneurs présentent certaines différences. On a relevé un certain nombre de différences (petites, mais importantes du point de vue de la statistique) entre les entrepreneurs de sexe masculin et ceux de sexe féminin en ce qui concerne les types d’entreprises établies, la mesure de la réussite déclarée par les intéressés, le comportement en matière de prise de risque et le financement de la croissance de l’entreprise.

Type d’entreprise dirigé
L’étude de l’Université Carleton révèle que les femmes ont tendance à créer des entreprises dans le secteur des services (comme l’hébergement et la restauration, les soins de santé et l’assistance sociale, et le commerce de détail) tandis que les hommes ouvrent en général des entreprises dans les secteurs orientés vers l’exportation (par exemple, l’industrie du savoir et le secteur de la fabrication)2. Les femmes ont également tendance à axer leurs efforts sur l’établissement de relations à long terme et à bâtir leur entreprise de façon qu’elle puisse croître et s’adapter avec le temps3. En revanche, les entreprises à prédominance masculine tendent à croître rapidement en prévision de leur vente éventuelle2.

Ces résultats donnent à réfléchir sur les principes de crédit classiques qui accordent de l’importance à la croissance, à la vente et au réinvestissement rapides au détriment de la pérennité. C’est comme si ces pratiques traitaient le risque non pas comme un moyen de parvenir à ses fins, mais plutôt comme un objectif. Si l’on privilégie la croissance d’une année à l’autre, les bilans et les frais d’exploitation seraient donc des indicateurs susceptibles de favoriser les hommes entrepreneurs par rapport à leurs homologues du sexe opposé. On craint que les pratiques classiques en matière de crédit n’accordent pas l’attention qu’elles méritent aux entreprises qui mettent l’accent sur d’autres particularités quantifiables, comme la survaleur et les bénéfices non répartis – éléments d’une entreprise qui l’aident à traverser les périodes difficiles.

Mesure de la réussite

Hommes et femmes entrepreneurs ne semblent pas mesurer la réussite de la même façon. Les hommes semblent mesurer leur réussite uniquement en fonction de leurs gains financiers, tandis que les femmes ont tendance à associer leurs gains et leur capacité de veiller à des intérêts et à remplir des obligations qui ne sont pas liés au travail2.

L’étude récente de L’Institut Info-Patrimoine BMO, Femmes et gestion de patrimoine : l’arrivée d’un âge d’or financier4, établit que le « fardeau de l’aidant », soit la responsabilité de prendre soin des enfants et des parents âgés, est essentiellement une préoccupation féminine4. Chose intéressante, les auteurs du rapport Carleton citent une étude qui illustre qu’un « nombre croissant d’hommes entrepreneurs limitent délibérément la croissance de leur entreprise afin de se laisser le temps pour d’autres choses que le travail »5. En fait, l’enquête de BMO a constaté une légère différence entre le nombre de femmes pour qui réussir en affaires signifie avoir davantage de temps à consacrer à la famille et le nombre d’hommes qui ont donné la même réponse3. Pour ce qui est de la valeur économique accordée à l’entreprise, la même question du sondage n’a révélé aucune différence importante chez les deux sexes3. Les femmes se déclarant de plus en plus motivées par les gains6 et les hommes aspirant à une vie plus équilibrée en dehors du travail, peut-être la convergence dans ce domaine s’accentuera-t-elle avec le temps.

Réexamen des différences entre les hommes et les femmes face au risque

Plus tôt, on a laissé entendre qu’il existait chez l’entrepreneur une corrélation entre la motivation à démarrer une entreprise et le degré d’aisance face au risque. Doit-on alors présumer que les hommes et les femmes qui exercent un travail autonome ont un comportement analogue en matière de prise de risque? Pas tout à fait. L’étude de l’Université Carleton a révélé que, bien que des entrepreneurs des deux sexes démarrent leur entreprise avec une bonne dose de confiance en leur capacité de gérer les risques, un très grand nombre de femmes ont déclaré qu’elles étaient devenues plus confiantes, que leur peur de l’échec avait diminué, et que par conséquent, elles trouvaient qu’il était plus facile de gérer les risques2. Un certain nombre de femmes entrepreneures ont déclaré qu’elles sont ou étaient en mesure de faire face au risque parce qu’elles avaient grandi au sein d’une famille d’entrepreneurs, pouvaient compter sur leur famille pour les soutenir, possédaient les qualifications requises pour occuper un emploi en cas de faillite ou n’avaient pas beaucoup à perdre à ce moment précis de leur vie2.

Les hommes, par ailleurs, considèrent la prise de risques comme un moyen de générer des revenus stables pour soutenir leur famille2. Peut-être les concepteurs de jeux vidéo chez Atari l’ont-ils formulé mieux que quiconque dans leur publicité de 1982, en employant l’expression « la meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer »7,8. Autrement dit, l’étude de l’Université Carleton laisse entendre que les femmes axent leur gestion des risques sur les intérêts de leur entreprise, tandis que les hommes considèrent la prise de risques comme un moyen d’assurer leur sécurité financière. Cette constatation a été corroborée par l’enquête de BMO, qui a relevé plusieurs écarts entre les hommes et les femmes en ce qui a trait à la perception des risques d’entreprise – le plus important de tous étant que les hommes affirment que le risque est un moyen de créer des débouchés3.

Compte tenu de cela, il est intéressant de noter que, bien que les entrepreneurs des deux sexes semblent considérer les risques d’entreprise de façon différente, ni les uns ni les autres ne semblent adopter la mentalité de « cowboy » parfois associée aux entrepreneurs. En fait, l’enquête menée par BMO a relevé une grande cohérence chez les entrepreneurs, qui sont convaincus que les risques d’entreprise doivent être calculés, évalués et gérés.

En outre, une étude citée en référence dans les travaux de l’Université Carleton souligne que les femmes entrepreneures sont moins portées à prendre des risques financiers qui peuvent compromettre la croissance de leur entreprise et préfèrent recueillir de l’information avant de prendre des risques d’entreprise calculés9. On peut difficilement s’opposer à la prise de décisions éclairées. Peut-être s’agit-il là d’une occasion pour les entrepreneurs de sexe masculin de tirer profit des meilleures pratiques de leurs homologues féminins.

En savoir plus: Y a-t-il des différences entre les hommes entrepreneurs et les femmes entrepreneures? – article, rapport, infographique

2 Une force véritable : les femmes entrepreneurs et le risque. Claire Becton et Janice McDonald, BMO Gestion de patrimoine, mai 2016. [www.bmopourelles.com].

3 Enquête menée par ValidateItMC pour le compte de BMO Gestion de patrimoine du 17 au 22 mai 2016. L’échantillon en ligne était composé de 803 propriétaires d’entreprise canadiens (entreprises comptant 100 employés et moins). Pour un échantillon probabiliste de cette taille, les résultats sont exacts à plus ou moins 3,46 %, selon un niveau de confiance de 95 %.

4 Femmes et gestion de patrimoine : l’arrivée d’un âge d’or financier, L’Institut Info-Patrimoine BMO, mars 2015. [www.bmo.com/principal/gestion-depatrimoine/patrimoine-conseils#rapports-sur-le-patrimoine]

5 How Female Entrepreneurs Define Success [Angl.], (En anglais seulement.) Dr  Jeff Cornwall (blogue), 28 février 2011. [http://www.drjeffcornwall. com/2011/02/28/how_female_entrepreneurs_defin/]

6 « Exploring Motivation and Success Among Canadian Women Entrepreneurs », [Anglais], Karen D. Hughes, Journal of Small Business and Entrepreneurship, 2006, volume 19, numéro 2, p. 107 à 120.

7 Publicité de la société Atari », InfoWorld, 20 septembre 1982, volume 4, numéro 37, page 68 (Google Livres, affichage intégral).

8 À noter que cette citation a également été attribuée à divers personnages historiques, parmi lesquels Abraham Lincoln et Peter Drucker.

9 The psychology of entrepreneurship: A data-driven study into the motivation behind new business creation, [Angl.], Barclays, juin 2015. Extrait de https://www.home.barclays/content/dam/barclayspublic/images/newsnewsite/2015/06/Barclays%20report%2020150616v1-final.pdf

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